G testé...

vendredi 27 avril 2007

Play

Je suis allée voir "Play", un film "français, argentin, chilien d'Alicia Scherson, 2005" au cinéma Le Latina, dans le 4e arrondissement de Paris.

Le film a obtenu plusieurs prix, je cite :
"Prix de la Meilleure réalisation émergeante au Tribeca Film Festival, New York, 2005, Prix du Public au Festival des 3 Continents de Nantes 2005, Prix du Public et Meilleur Film Latino-américain au Festival des Films du Monde de Montreal 2005, Festival International de Santiago de Chili 2005, Meilleur Premier film au festival de La Havane 2005, etc."
Rien que ça ?! Ca ne vous procure pas un peu de curiosité vous ? Moi si :-D

L'histoire est assez complexe à expliquer. Elle met en scène, à Santiago du Chili, Cristina, infirmière à domicile d'un vieil homme et Tristan, dont la compagne vient de quitter.
Sa vie s'effondre alors : il boit, ne travaille plus, fait même une tentative de suicide...

Cristina va croiser son chemin le jour où elle trouve son cartable de travail dans une poubelle et décide de l'ouvrir. Elle y découvre alors de nombreux fragments de la vie de Tristan : carte d'identité, agenda ou répertoire, photos, un vêtement de sa compagne, des cigarettes, des documents de travail et surtout un iPod, très important dans le film.

Ce qui est bien fait, je trouve, c'est que nous découvrions en même temps de Cristina la vie de Tristan puisque jusqu'ici on ne le voyait que furtivement. On apprend donc à le connaître en même temps qu'elle.

Après une période de réflexion, elle part à sa recherche, fumant ses cigarettes sur le chemin et en posant sur ses oreilles (l'énorme) le casque de Tristan, branché sur l'iPod de ce dernier toujours.
C'est vraiment original de mon point de vue de découvrir quelqu'un de la sorte. C'est très joli ! Bravo aux scénaristes d'avoir trouvé cette idée :-)

Bref, tout ceci permet à Cristina d'entrer en contact avec la vie et la personnalité de Tristan mais aussi peut-être de le comprendre (car la musique que l'on écoute nous reflète tellement bien) et de l'apprécier.

Une fois Tristan localisé, au lieu d'aller lui parler, elle préfère le suivre mais celui-ci part en fait se réfugier chez sa mère pour quelques jours, suite à sa déprime...

Elle entreprend alors de suivre la compagne de Tristan pour la connaître également. Elle découvre une femme cultivée, aimant le théâtre, la littérature, intéressée par son apparence (maquillage, coiffure, vêtements confectionnés par elle-même) et... qui est amoureuse d'un autre homme. Un Russe d'ailleurs, ça plus chic sans doute :-D

A cet instant, Cristina comprend certainement le désespoir de Tristan, même si elle ne connaît pas toute l'histoire...

Un jour, alors qu'elle s'apprêtait à lui redonner son cartable de travail, contenant tous ces éléments de vie, elle découvre ce dernier échoué sur le sol : il vient de tenter de mettre fin à ses jours ! Elle se retrouve à être la seule personne à le "connaître" à cet instant et l'accompagne donc à l'hôpital, se faisant passer pour "une connaissance".

Lorsque Tristan se réveille, on perçoit qu'il tombe instantanément amoureux de Cristina. Celle-ci, cependant, bien qu'apparemment amoureuse de lui (après tout ce temps à apprendre à le connaître, à le suivre, à l'imiter en fumant ses cigarettes, etc.) a choisi une autre fin que celle à laquelle on pourrait croire (la fin hollywoodienne), une autre fin que celle que Tristan escomptait également : elle décide de faire appeler sa compagne pour qu'elle vienne à son chevet, le réconforter, prendre soin de lui et faire en sorte que leur relation reprenne...

C'est vraiment un très joli film : belle histoire, originale par son intrigue et sa fin je trouve et une belle esthétique : j'ai adoré de nombreux plans, des cadrages originaux, des détails mis en avant, la musique de l'iPod et aussi le bruitage qui accompagne certains plans. Superbe.

Exemple : la caméra filme un tatouage représentant une mouette dans les nuages. Et bien à ce moment-là on entend le bruit d'une mouette puis remonte vers le visage de Tristan. On dirait qu'on entend ce bruit à travers la tête du personnage.

Le bruit, le son, joue donc une rôle important puisqu'il est le fil conducteur de l'intrigue via Cristina qui part à la recherche, à la découverte de Tristan tout en écoutant son iPod.

Egalement, l'odorat est un sens actif dans ce film puisque notre personnage n'hésite pas à sentir Tristan, en cachette, alors qu'elle le suit dans le bus, assise derrière lui. Elle sent également le vêtement de sa compagne (qu'il avait volontairement gardé dans son sac, en souvenir) et elle sent la peau du jeune homme avec lequel elle entretient une relation que l'on devine éphémère. Elle est capable de décrire précisément ce qu'il sent, enfin ce que ça lui évoque en tous cas.

Enfin, ce qui est "marrant" c'est qu'à la mort du vieil homme dont elle s'occupait, Cristina doit s'occuper de Tristan qui vient de tenter de se suicider. Quel passage de témoin intelligent de la part des scénaristes encore une fois !

J'oubliais de préciser que le nom du film vient, en plus de la musique presque constamment présente, du fait qu'à certains moment on est transporté dans l'univers des jeux vidéos (pourquoi ?!). Cristina est aime assez les jeux vidéos et quelques scènes sont, on peut le dire, loufoques car parfois elle se sent comme évoluer dans un cet univers...

"Play" est donc, vous l'aurez compris, un film à aller voir :-) je le recommande à ceux qui souhaitent être emmenés dans une atmophère particulière, en espagnol (sous-titré) s'il vous plaît ;-) malgré le fait que l'histoire soit assez triste à mon goût.

Le cinéma a d'ailleurs cette sensation étrange avec moi : il me déphase tellement de la réalité ou bien je me plonge tellement dans l'histoire peut-être, que j'ai toujours besoin d'un break dans ma tête pour renouer avec le quotidien, la circulation, la foule sur le trottoir, les feux de signalisation, la vie réelle, quoi, qui demande un autre genre d'attention.

Ma note pour cette sortie : 8/10.

Site officiel du film

  Votez pour ce post : Wikio!

jeudi 26 avril 2007

Visite du cinéma Le Latina

Nous avions rendez-vous avec Silvia, directrice du Latina, qui a nous a gracieusement offert à boire pour commencer. Elle nous a ensuite raconté l'histoire du cinéma Le Latina, des origines à nos jours.

Ce cinéma est, au niveau des murs je dirais, un cinéma depuis très très longtemps mais c'est en 1984 que Le Latina ouvre ses portes, fondé par Philippe Rossillon qui a apparement également fondé Radio Latina. On a appris vraiment beaucoup de choses :

- Le Latina a 2 salles : la salle Buñuel (180 places) et la salle Rossellini (58 places).

- Le cinéma Le Latina fait également bistrot, salle de danses latines (tango, salsa, sevillanas...) et galerie d'art. Je ne le savais pas non plus mais c'est inscrit, effectivement, sur la devanture du bâtiment mais il faut vraiment "le voir". Cependant, tout ceci n'appartient pas au cinéma, c'est juste au même endroit.

- Les films italiens ont plus de mal que les autres car apparemment les Italiens ont boycotté la distribution de leurs films en France pour des raisons économiques complexes.

- Des groupes scolaires viennent certains jours définis de la semaine, accompagnés de leur professeur. Ceux-ci sont d'ailleurs invités à collaborer avec Le Latina ! Ainsi, voire surtout, que les professeurs de portugais !

- Le Latina diffuse des films en langues latines, c'est à dire : espagnol, portugais, italien, français mais aussi (et oui !) roumain ! Je ne savais pas que le roumain était une (la seule ?) langue latine d'Europe de l'Est.

- Le prix du billet : il inclut notamment une taxe, la TSA (Taxe Spéciale Additionnelle) dont bénéficient les personnes du monde du cinéma. Sur un ticket de cinéma, Le Latina ne gagne que 2 euros...

- Le Latina est classé "Art et essais", ce que je ne savais pas et il reçoit, à ce titre, des subventions. Ce "titre" est remis en jeu tous les ans puisqu'il faut faire un dossier.

Silvia "prie" donc chaque année que Le Latina continue à être un cinéma d'art et essais car cela conditionne la survie de ce cinéma :-( mais elle a toujours assez bon espoir puisque la France et Paris surtout apparemment, aiment mettre la culture en avant, l'aider à survivre.

- Je ne savais pas que Le Latina ne faisait pas "beaucoup beaucoup" d'entrées dans une ville comme Paris où il y a pourtant de nombreux étrangers et étudiants ! Que ce soient des étudiants d'espagnol ou de cinéma tout court ! Alors pourquoi n'y vont-ils pas ? Personnellement, après cette visite, j'ai acheté un abonnement (5 places pour 26 euros) car les films à l'affiche en valent le coup apparemment.

- Le monde du cinéma est hyper transparent et très réglementé. Tous les soirs, une personne (dont j'ai oublié la fonction), téléphone pour demander le nombre exact d'entrées par film.
Tous les soirs ?! Et : par téléphone ?! Ma solution : bilan hebdomadaire, envoyé en format PDF ou Excel, par mail :-D

- Il existe des revues de cinéma et documents pour professionnels : Ciné Chiffres (document), qui existe également en ligne par abonnement et qui donne, salle par salle et film par film le nombre d'entrées exact (!) pour Paris et sa périphérie. Apparemment tous les cinémas y ont accès car nous avons pu les lire sans problème.
Une revue dont j'ai oublié le nom s'occupe, elle, de donner les fiches et les dates de sorties nationales (jusqu'à septembre 2007). Cette revue est achetable par tout le monde en kiosque mais il vous faudra débourser 7 euros pour cette revue... hebdomadaire ! Passionnnés on est ou pas à ce prix-là :-D

- Silvia, la directrice du Latina, choisi elle-même ce qu'elle va diffuser au cinéma. Pour cela, elle visionne de nombreux films, souvent chez elle (en "heures sup'") car elle n'a pas assez de temps et participe à de nombreux festivals (festival de Cannes par exemple) où elle peut en voir 3 ou 4 par jour !

- En parlant de temps, il ne sont que quelques employés :-o : Silvia, son assistante, 2 caissières à mi-temps et 2 projectionnistes, je crois.

- Elle nous a expliqué le rôle du Distributeur, qui est assez complexe. Le distributeur est apparemment celui qui va acheter les films pour toute la France, décide des dates de sortie nationale et surtout qui dit quelles sont les salles qui auront une copie...

Silvia peut donc prendre une "option" pour l'achat d'un film mais parfois le distributeur peut le lui refuser si par exemple (et ça j'étais loin d'en avoir conscience !) 2 cinémas trop proches se font concurrence...

- Bien qu'ayant aidé à la célébrité d'Almódovar à Paris, à ses débuts, Le Latina a eu d'énormes difficultés à avoir Volver car 3 salles du quartier étaient en concurrence mais heureusement, Silvia a réussi à avoir une sorte de dérogation via un médiateur. Ouf ! Grâce à son acharnement, Silvia a fait de Volver le film qui a eu le plus d'entrées au Latina pour l'année 206 :-)

- Les cartes illimitées (UGC et Gaumont/MK2) ont eu une mauvaise influence sur la fréquentation du cinéma Le Latina : elle est en baisse. C'est pourquoi, au début réfractaire, Silvia a décidé de bientôt les accepter car ceux qui possèdent une de ces cartes vont moins au Latina puisqu'ils payent déjà un abonnement payant pour de nombreuses autres salles.

Je pense que c'est une bonne idée, d'autant plus que je n'ai pas encore de carte illimitée mais je pensais en acquérir une dans les mois à venir justement :-)

Edit du 6 décembre 2007 : c'est chose faite depuis hier !!! Les cartes MK2/UGC illimitées sont acceptées depuis hier au Latina :-)

- On a également eu la chance d'aller dans la cabine (très exiguë) du projectionniste ! Expérience fantastique pour quelqu'un comme moi qui n'y connaît rien du tout ! J'ai d'abord été étonnée de la taille de la cabine donc. Je l'imaginais quand même un peu plus grande, pour pouvoir y travailler "toute la journée" mais en fait déjà je me trompais déjà car le projectionniste est présent au début du film, il vérifie que tout se déroule bien, puis il s'en va pour ne revenir qu'à la fin ! Wow c'est bizarre comme job :-D

En fait la projectionniste (puisqu'il s'agissait d'une femme ce soir-là) nous expliquait que c'est surtout lors de la première projection d'un film qu'il fallait faire attention, prendre des repères, etc. Pourquoi prendre des repères ? Et bien par exemple pour caler le son à l'image ! Et oui ! Je suis presque tombée par terre (j'exagère) lorsque j'ai appris qu'il y avait une bande différente pour le son ! Ca m'a paru tellement archaïque ! Je pensais que c'était comme les bobines des K7 de magnétoscopes, en gros : une bobine noire qui contiendrait le "pack" son + image ! Mais non. On va dire que je suis trop influencée par les nouvelles technologies alors :-D

Dans le même genre, quelle ne fut pas ma surprise de constater que les bobines contenaient des images, les unes après les autres, "comme autrefois", me suis-je dis. Encore une fois, je m'attendais à voir une bobine noire.

Et puis la taille des bobines ! Elles sont é-nor-mes ! A l'heure du numérique, ça fait drôle... En outre, leur distribution se fait non pas "en un" (une bobine entière) mais en plusieurs boîtes ce qui fait que c'est au projectionniste de faire tout le travail de "montage" en quelque sorte. Quoi ?! J'ai halluciné total sur ce coup-là, encore une fois. Décidément, rien n'est fait pour faciliter les choses, je trouve : le son, l'image, la distribution. Pourquoi est-ce qu'elles sont distribuées en "morceaux" ? Aucune idée, on n'a malheureusement pas pu me répondre :-(

Enfin, je n'ai jamais osé aller au cinéma Le Latina, bien qu'aimant la culture espagnole car j'avais une appréhension, ne connaissant pas les lieux et pensant que c'était assez "sectaire". Maintenant que j'ai fait cette visite et donc appréhendé les lieux et compris la philosophie de ce cinéma, j'aurai moins d'appréhension, voire plus du tout.

Alors, public ou professeurs, vous aussi courez au cinéma Le Latina ! :-)

Site officiel

Ma note pour cette sortie : 9/10.

  Votez pour ce post : Wikio!

mardi 24 avril 2007

Exposition photo Bruce Davidson

Il s'agissait d'une exposition photo de Bruce Davidson, photographe américain né en 1933. Cette exposition avait lieu à la fondation Henri Cartier-Bresson (lui aussi photographe) située dans le 14e arrondissement de Paris et c'était d'ailleurs la première fois que j'y mettais les pieds.

Après avoir acheté mon entrée, à 5,30€, je monte les escaliers de ce bâtiment très joli : murs blancs immaculés et escaliers en bois, la classe ;-)

Les expositions Bruce Davidson s'intitulaient "Time of change" et "100e rue" et se déroulaient jusqu'au 22 avril 2007.

L'exposition "Time of change" avait pour thème la vie et la lutte des Noirs aux Etats-Unis dans les années 60 et l'autre, "100e rue", avait elle pour thème le Harlem espagnol dans les années 60 également.

J'ai trouvé ces deux expos assez ressemblantes ou se complétant, plutôt.

 

Il y avait une centaine de photos, en noir et blanc, de nombreuses étaient très jolies à mon goût et toutes nous montraient un aspect de la vie des Noirs aux Etats-Unis à cette époque : ça pouvait être leur lieu de vie, leurs enfants, la pauvreté, l'isolement, la solitude, la violence, les relations parents/enfants, le travail, etc. ou une étape de leur vie : une femme enceinte, une photo d'un enfant diplômé, le mariage, la vieillesse, la jeunesse (énormément représentée sur les photos)...

J'ai remarqué que l'on ne voyait que des portraits et que beaucoup de personnes photographiées avaient un regard un peu nonchalant, hagard, comme blasés de la vie ou de la difficulté de la vie et sans beaucoup d'espoir que cela ne change vraiment.

Ce qui m'a également attiré l'attention, c'est le cadrage effectué par Bruce Davidson : je me demandais souvent comment il avait fait pour penser à faire tel ou tel cadrage car je n'aurais pas du tout pensé à faire le même à sa place ! Son cadrage était ingénieux car il permettait de replacer les personnes qu'il photographiait dans leur environnement de vie ! Wow !

J'ai par exemple le souvenir d'une photo où l'on voyait une femme allongée sur un canapé. Et bien au lieu de cadrer la photo sur son regard ou autre, Bruce Davidson a pris la photo de telle sorte que l'on voyait la moitié du canapé où elle était allongée et l'autre partie de la photo montrait le début de la cuisine, ce qui faisait que j'avais une sensation d'intimité avec ses lieux, comme si j'étais chez cette dame, alors que je ne connaissais pas ces lieux.

Sur une autre photo, on voyait un enfant, allongé sur son lit. Ca me fait penser que l'on voyait de nombreuses personnes allongées, je ne sais pas pourquoi. Pour nous montrer que ces personnes sont en attente d'un changement ? Que la fatalité est là et un point c'est tout ? Bref, un enfant allongé sur son lit. Et bien une fois encore le cadrage était magnifique ! On voyait la pièce presque entière, on pouvait même voir l'ampoule au plafond, les murs défraîchis et tout ceci permettait, je trouve, de mettre en relief le vide qui entourait cet enfant. Pas de jouets, pas de meuble, rien. Peut-être est-ce d'ailleurs ce que voulait le photographe : remettre, encore une fois, cet enfant dans son environnement quotidien et par là-même montrer qu'il n'avait pas de jouets, la pauvreté donc, dans ce cas-là.

J'ai bien aimé un autre aspect du cadrage de Bruce Davidson : il se met parfois à la même hauteur que ceux qu'il photographie : je me souviens de deux photos où il s'était assis à la même table, à la même hauteur donc, que les personnes dont il immortalisait un instant, une tranche de vie.

Parfois, au contraire, il se mettait exprès au-dessus : pour des raisons d'esthétiques peut-être, de vue d'ensemble ou peut-être encore d'une impression de regard divin... Bruce Davidson en témoin de Dieu ?
Je me souviens particulièrement d'une photo : un enfant, mendiant dans la rue. Et bien on ne voyait que les cheveux de cet enfant mais surtout la boîte de conserve qu'il avait pour récolter les pièces de monnaie et qui scintillait, vide. Au loin, on voyait la rue.
C'était ma photo préférée de l'expo mais je n'ai pas réussi à la retrouver sur le Net pour la poster ici :-(

L'exposition nous montre des photos sur la lutte des Noirs pour le droit de vote notamment : Marche de Selma, Freedom March (les Freedom Riders) et globalement on ne voit que très rarement des Blancs aux côtés des Noirs. Ce qui est "normal" pour l'époque, aux Etats-Unis mais qui dénote que Bruce Davidson avait la volonté de nous montrer leur "ghettoïsation", peut-être.

  

Quelques photos nous montraient également le travail des Noirs comme cueilleurs de coton, dans le sud des Etats-Unis : la fatigue, le peu d'argent gagné, le travail des enfants, le Blanc qui paye le Noir, etc.

Enfin, on voyait à quelques reprises des animaux : un chien caché sous un lit, un pigeon, des oiseaux, etc. mais cela restait rare.

Voilà, j'ai bien aimé cette expo donc et je pense acheter peut-être un jour un livre sur celle-ci.

Ma note pour cette sortie : 8/10.

Site de la Fondation Henri Cartier-Bresson

  Votez pour ce post : Wikio!

lundi 19 mars 2007

Découvrir le métier de libraire indépendant

En ce samedi après-midi, nous étions attendus à la Librairie des Orgues, située au 87 avenue de Flandre, dans le 19e arrondissement de Paris, pour une visite des "coulisses" d'une librairie indépendante.

Une dizaine de chaises, un accueil chaleureux avec café, jus de fruits, eau et petits gâteaux pour tout le monde et le sourire de la libraire, Rosa :-)

Rosa nous présente sa librairie, qu'elle a depuis 5 ans mais qui existe depuis 30 ans. La Librairie des Orgues vend également un peu de papeterie et des cartes postales, sur lesquelles nous reviendront plus tard... Elle est divisée en plusieurs rayons : sciences humaines, jeunesse et littérature.

Rosa nous a expliqué vraiment beaucoup, beaucoup de choses et il m'est difficile de me souvenir par quel bout elle a commencé ! Mais voici les grands points abordés :

- La formation des libraires : je n'étais pas au courant mais être libraire ou employé en librairie ne "s'invente pas" ! Et non, il y a une formation de deux ans à suivre, après un DEUG ou une licence en général. En fait, même la FNAC apporte une formation équivalente à la formation publique. Il paraît qu' il s'agit bien souvent d'étudiants qui ne veulent pas être prof, ni chercheur, traducteur, etc. et qui se dirigent donc vers une autre voie... On retrouve même des employés de librairies ayant un doctorat en poche par exemple :-o

Il existe donc à la Librairie des Orgues (comme apparemment dans les autres librairies indépendantes), un employé spécialisé dans un rayon, au regard de sa formation (au cours de laquelle il aura choisi son domaine de prédilection).

J'avoue avoir été surprise par ce point car jamais je n'ai eu l'impression que les employés de librairie ou de la FNAC dans mon cas, étaient "particulièrement calés", se contentant d'interroger l'ordinateur lorsque je demande une référence ou quelque chose comme ça... Bizarre donc, il faudrait que j'essaye de les titiller un peu plus la prochaine fois, pour voir un peu ce qu'ils peuvent m'apporter de plus.

- La loi Lang, concernant le prix unique du livre, a bien aidé les libraires indépendants mais n'est pas respectée partout.
Si on prend l'exemple de la FNAC, jusqu'à décembre 2006, elle proposait d'avoir une réduction de 5% sur les livres achetés dans ses magasins ! Moi, en tant que consommatrice, franchement, je trouvais ça bien et c'est vrai que je ne pensais pas du tout au fait que les petits libraires ne pouvaient pas offrir une telle remise à leurs clients.

Deuxième exemple, celui d'Amazon France (ah ah ah, là on s'attaque vraiment à mon "libraire" préféré !). Et bien je ne savais pas que lui aussi enfreignait la loi ! Sauf que c'est pire que la FNAC puisqu'il continue non seulement à offrir la remise de 5% à ses clients mais qu'en plus il propose la livraison gratuite pour les livres ! Encore une fois, en tant que consommatrice, je trouvais ça super bien ! Mais lorsque Rosa, la libraire, nous a expliqué qu'ils étaient totalement hors la loi et qu'en plus les libraires indépendants avaient intenté un procès à Amazon France (qu'ils devraient gagner au moins partiellement, pour supprimer la remise des 5% par exemple) et bien ma vision du géant du commerce électronique a commencé à changer... J'étais un peu complice de la "mort" à venir des petits libraires ! Et pas seulement moi apparemment ;-)

- Question soulevée : le livre devrait-il continuer à être vendu en supermarché ? Plus particulièrement, nous avons évoqué le cas des supermarchés Leclerc qui, il est vrai, ont tout un rayon dédié aux livres, parfois même le rayon est un peu "en dehors" du magasin, différencié du reste je veux dire. C'est vrai qu'on peut se poser la question de la concurrence aux petits libraires dans ce cas-là...
Je ne parle pas des supermarchés qui ont un petit rayon livres très sommaire et comportant seulement quelques poches, quelques BD, quelques Arlequin et livres de Pierre Bellemare ;-)

- Rosa nous a présenté les 5 principaux éditeurs sur le marché français mais franchement je ne me souviens plus de leurs noms !

- Le choix des livres mis en avant est bien différent dans une grande enseigne comme la FNAC et un libraire indépendant : en gros, les éditeurs vont les "pousser" à mettre tel ou tel livre sur les tables et la fréquence de rotation est plus grande : peut-être un mois et encore.
Un libraire indépendant peut, au contraire, choisir de laisser certains livres plus longtemps sur les tables s'ils correspondent à l'actualité par exemple ou s'ils se vendent bien et évite au maximum d'être influencé par les éditeurs quant aux livres à mettre en avant.
Encore plus fort, je dirais même car Rosa nous a expliqué qu'à la Librairie des Orgues tous les livres présentés sur les tables ont été lus et "approuvés" pour leur qualité par au moins un employé ! Même les livres de jeunesse et les BD :-o Alors là, vraiment, quel étonnement ! Ca explique en fait pourquoi on trouve des livres "sortis de nulle part" sur les étalages des librairies, alors même que l'on revient de la FNAC... Je pensais vraiment que tout était selon les sorties de nouveaux livres et punto ! Ma vision du métier continuait de changer petit à petit et je me disais que j'allais voir les rayons d'un autre oeil la prochaine fois...

- La partie "indigeste" du métier au niveau du temps passé et de sa complexité est la gestion : gestion des frais de livraison, des retours, des stocks, de la logistique, quoi. En outre, il faut constamment négocier avec les éditeurs ou les représentants pour essayer d'avoir au final de toutes petites remises bien méritées.
C'est pour cela que Rosa nous expliquait que les matins étaient généralement dédiés à ces tâches : réception des livres, gestion des stocks, accueil des représentants, etc.

- Au pays des "mauvais élèves" je retiendrai le cas de Taschen qui sort un livre et 3 mois plus tard n'hésite pas à le mettre en vente chez un "soldeur"... en aussi peu de temps, comment le petit libraire peut-il rivaliser au niveau des prix ? Tout simplement, il ne peut pas. 3 mois, c'est trop court pour "solder" un livre.

- Même pour le loyer d'une librairie il fau(drai)t pouvoir négocier, ce qui est difficile lorsqu'on ne s'appelle pas Mc Do ou autres...

- Les horaires de libraire indépendant sont souvent lourds : 10h - 20h par exemple, 6 jours sur 7, pour essayer d'être rentable ! Certains libraires travaillent même le dimanche, c'est pour dire.

- Les libraires indépendants sont nombreux mais assez mal organisés pour le moment, ce qui leur est préjudiciable mais "tout" va changer bientôt, lorsqu'ils lanceront leur super-portail-dédié ! Wow, j'ai hâte de voir ce que ça va donner. Apparemment il y a aura de la géolocalisation pour trouver les libraires indépedants de votre quartier et on pourra commander/réserver un livre en ligne et le retirer au magasin. Bon, il faut voir, quoi.

- Egalement, je ne le savais pas mais il existe un magazine des "livres lus et conseillés par les libraires" et qui s'appelle PAGE. Vous pourrez le trouver... chez votre libraire, of course !

- Concernant la répartition des prix des livres, Rosa nous a donné l'exemple suivant : sur un livre qui coûterait 10 euros, 1 euro serait reversé à l'auteur (quoi ? Seulement ?!), 3 euros seraient pour le libraire (!) et le reste serait divisé entre la distribution, l'éditeur, etc. Bon, ben au moins je sais maintenant que ne dois pas espérer m'enrichir en écrivant et publiant un livre :-o

Donc, imaginez ce que peut gagner un libraire sur le prix... d'un livre de poche ! Et oui, en ce qui me concerne, ce n'est pas que je préfère les livres de poche mais pire que cela, je n'achète quasiment que ça ! Les livres brochés sont, à mon goût, trop grands et chers. Quelle honte pour moi, me direz-vous... peut-être mais je pense que beaucoup de personnes de ma génération et de celles qui la suivent pensent de la même manière malheureusement. La solution serait, pourquoi pas, de proposer des livres brochés moins grands, plus transportables dans les transports et tout. Un peu comme les magazines (féminins souvent) qui proposent une grande version (la version "normale" on va dire) et une version réduite ! C'est le cas, de tête, du magazine Psychologies par exemple.

En tous cas, j'ai appris qu'un éditeur n'était pas du tout obligé de sortir une version poche d'un livre broché, mince alors :-( moi qui attend justement la sortie de la version poche d'un livre avant l'acheter.

- Quelle ne fut encore ma surprise lorsque j'ai appris que Rosa, ma libraire donc, faisaient plein de choses : participation à un magazine (PAGE, donc), émission TV, radio et elle continue malgré tout, comme tous les libraires et employés de librairie (normalement en tous cas) à se former en lisant, afin de pouvoir renseigner les clients/lecteurs. Pffff, 24h par jour, est-ce suffisant ?

- Un point "social" que je n'aurais pas pu soupçonner non plus : les élections présidentielles influent sur la fréquentation des librairies :-o Wow ! En fait, quand on y réfléchi, c'est assez logique : on nous abreuve d'émissions dédiées sur le sujet à la télévision, dans la presse, sans compter les loisirs habituels, résultat : le temps n'est pas extensible, il faut choisir et donc les gens vont moins dans les librairies en ce moment.

- La presse gratuite. Ah là là, la fameuse presse gratuite embette les libraires indépendants car depuis, les gens, vous et moi, avons pris la (mauvaise) habitude d'avoir de l'information sans payer, via 20 Minutes, Métro, Direct Soir et consorts. Sans compter l'aspect web : de nos jours, il est facile de s'informer grâce au Net, gratuitement.

- Quid également de l'avenir de la profession avec l'arrivée prochaine des livres numériques ?

- Les cartes postales vendues à la Librairie des Orgues, dont je vous avais parlé au tout début, est un point important à noter car Rosa nous a expliqué qu'il s'agissait de cartes postales qu'on ne trouverait pas partout, pour ne pas dire nulle part... Pourquoi ? Car il s'agit d'un photographe indépendant qui fait lui-même ses cartes postales, les imprime et tout ! La libraire préfère proposer ce genre de produits afin de mieux rémunérer les photographes, sans passer par des intermédiaires donc. :-o
Toute une éthique ! C'est comme manger bio en quelque sorte :-D

Au final, la vie de libraire est vraiment différente de celle que je croyais, il ne s'agit pas de lire des livres toute la journée et c'est tout, non, loin de là. Etre libraire, c'est apparemment toute une éthique, je le répète, un choix de vie parfois (souvent ?) difficile mais qui permet au libraire de vivre en accord avec lui-même, avec sa conscience. Cette visite m'aura en tous cas permis de me rendre compte de tout ça et du fait qu'il faudrait que j'essaye d'aller plus souvent en librairie plutôt qu'à la FNAC...

Il y a aussi beaucoup de négociations, de relations à connaître entre les différentes intervenants. Rosa nous expliquait à ce propos qu'une réduction du nombre d'intervenants était inévitable pour baisser les prix facturés (au libraire je pense pas au consommateur, enfin je ne sais pas) et sauver la profession.

N'espérez pas non plus devenir "riche" car ce n'est apparemment pas du tout le cas : entre le loyer (exhorbitant à Paris, en plus), les salaires des employés et le fonds de livres, il vous restera tout juste de quoi vivre et ajouter un tout petit morceau de beurre (ou de margarine...) dans vos haricots !

Ma note pour cette sortie : 10/10 !

  Votez pour ce post : Wikio!

mercredi 14 mars 2007

Visite des coulisses d'une boulangerie bio

Une petite visite culinaire : j'ai visité les arrières d'une boulangerie bio, en l'occurence la boulangerie - pâtisserie de Véronique Mauclerc, située au 83 rue de Crimée, dans le 19e à Paris.

Véronique nous a donc accueillis un lundi matin, à 10h et ce qui m'a tout de suite étonnée ce fut sa tenue : je m'attendais à la voir habillée comme une boulangère (ben oui !) mais non, elle était en mini-jupe et bottes !

Malgré tout, il ne faut pas se fier à son aspect car attention, Véronique n'est pas une débutante : elle vient d'être nommée boulangerie de l'année du Guide Pudlo 2007 !
Personnellement, je ne connaissais pas l'existence de ce guide gastronomique jusqu'à ce jour mais il paraît qu'il est TRES connu...

On part directement voir ce qui fait sa fierté et la qualité de ses pains : un énorme four à bois de 9 m2 (oui !) et datant de 1904 !
Ce four me faisait penser à un four à pizza en fait, avec les planches à long manche.

Il n'y a plus que 3 fours de la sorte, dont 2 sur Paris.

Véronique nous a fait part de son expérience de boulanger utilisant ce type de four : contrairement aux boulangers qui utilisent un four classique et qui commencent à 4h ou 5h, Véronique, elle, commence sa journée à 2h (et la termine à 22h !) pour que son four ait le temps de chauffer. Franchement, ce n'est pas une vie, je trouve...
On sent que c'est la passion qui anime dans ce genre de cas.

Au niveau des farines, notre boulangère en utilise de nombreuses pour le plaisir de ses clients les plus curieux de saveurs différentes ou les plus exigents (notamment les allergiques).

Tout est donc fait à l'ancienne, au four à bois et sans levure s'il vous plaît (la levure étant un champignon utilisé pour le monde industriel), grâce à des farines biologiques au levain naturel.

A la fin de la visite, une dégustation nous était proposée : miam ! Pains au pavot, aux pistaches et amandes (je vous le recommande) et un autre dont la composition m'échappe, mince... aux noix.

En tous cas, si vous aimez le pain, vous en trouverez forcément un à votre convenance : pain complet, petit paysan, pain aux olives, pain aux figues, pain aux pistaches et amandes, etc. la liste est longue ! Sans oublier que la boulangerie fait également pâtisserie ;-)

A noter enfin qu'il y a un petit salon de thé, d'où l'on voit le fameux four traditionnel à bois, où l'on peut prendre son petit déjeuner par exemple (un menu petit déjeuner avec jus d'orange, chocolat, thé... existe ! Humm j'en ai déjà envie rien que d'en parler :-D).

Ma note pour cette sortie : 8/10.

  Votez pour ce post : Wikio!

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 >

flèche Haut de page