On voyait les affiches pour cette exposition prometteuse partout dans le métro,
alors j'y suis allée.
Steve McCurry est notamment l'auteur de cette fameuse photo :
L'exposition, gratuite, se déroulait à la galerie Frédéric
Got, rue de Seine, dans le 6e arrondissement de Paris.
Et bien j'ai été assez déçue car il n'y avait pas
beaucoup de photos à voir !
"Beaucoup de bruit pour rien" en quelque sorte, voici ce que je me
suis dit au sortir de la galerie...
En dehors de ce tapage médiatique démesuré par rapport
à la petitesse de l'exposition, j'ai trouvé les photos de Steve
McCurry d'une beauté comparable à celles de Yann Arthus-Bertrand
dans son livre La Terre vue du ciel.
J'ai remarqué que les photos de Steve McCurry (je parle de celles présentées dans cette exposition) se distinguaient par :
- les yeux des personnes photographiées, perçants le plus souvent
- le contraste formidable des couleurs, qui sont d'une qualité rare
de ce que j'ai pu voir jusqu'à présent (je ne suis pas du tout
experte, je précise ! Ce n'est que mon point de vue.)
- le fonds des photos parfois coloré. Des couleurs comme "argilleuses" ou "poudreuses".
- la lumière projettée et captée par les visages
Paradoxalement, je n'ai pas aimé les "gros grains" des photos,
qui sont paraît-il une technique photographique... Peu pour moi
Enfin, j'ai bien aimé la photo suivante, qui me donnait une impression
de gigantisme, d'amplitude de l'événément. C'est un sentiment qui me semblait intéressant car difficile à transmettre photographiquement pour moi :
Il s'agissait d'une exposition sur l'histoire du rock'n roll des années 1939 à 1959, à la fondation Cartier.
Pour la petite anecdote, des "bikers" français sortaient tout juste des lieux... j'étais bien au bon endroit donc
Cette exposition proposait selon moi beaucoup, beaucoup de contenu d'une part et de tous types d'autre part : de l'audio, de la vidéo, des photos, des textes...
La présentation était très réussie : jolies couleurs, espace grand (bien que peu éclairé) et présentoirs originaux.
Cependant, à vouloir trop bien faire, il y avait trop à lire, voir et écouter ! Résultat : l'exposition était un peu difficile à intégrer, digérer. Le côté "découverte" était là mais pas le côté "mémorisation".
Ca faisait un peu comme si l'exposition ciblait davantage les initiés et on imagine que les fans clubs d'Elvis doivent avoir beaucoup à collectionner.
J'ai d'ailleurs bien aimé voir une veste portée par Elvis durant un show télévisé américain mais cela m'a également permis de me rendre compte qu'il s'agissait du seul objet exposé ayant appartenu à quelqu'un de connu dans le monde du rock de ces années-là.
Il y avait aussi des juke-box, placés dans un autre espace et qui étaient très très sécurisés : une hôtesse les surveillait et vous rappelait à l'ordre si vous franchissiez la "ligne blanche". Mouaich, faudra revoir le côté "friendly" de l'exposition...
Il y avait donc plusieurs juke-box exposés (ainsi qu'une voiture d'ailleurs) mais pourquoi en avoir perché la moitié aussi haut ! Impossible de bien les regarder puisqu'ils étaient à plusieurs mètres du sol ! N'importe quoi ! Bref...
Heureusement, ils avaient pensé à en mettre un "à hauteur d'homme" et utilisable par tous ! Alors, après avoir attendu de longues minutes qu'un nostalgique passe tous les morceaux qu'il souhaitait écouter (...), j'ai enfin pu me confronter à cette machine "hors du temps"
Le procédé est en fait assez simple : introduire une pièce (pas besoin à l'exposition) et sélectionner le numéro du morceau que l'on souhaite écouter. A la fin de ce morceau, il faut attendre que la machine fasse un aller-retour complet (histoire de remettre le CD disque, à sa place et de se ballader pour je ne sais pas quoi faire) avant de composer un autre numéro.
A part ça, j'ai particulièrement apprécié le coin dédié à la photo, plus précisément la tentative d'aider les visiteurs à se remettre dans le contexte socio-historique du rock de ces années-là en mettant notamment l'accent sur les Noirs et leurs conditions de vie, la modernisation croissante et la consommation.
L'exposition proposait une boutique avec badges, livres, disques et t-shirts mais rien d'extraordinaire à mon goût.
Ce qui également dommage, c'est que le rock de ces années, 1939-1959, ne m'évoquait pas grand chose car je ne connaissais qu'Elvis mais bon ça m'a permis de toucher du doigt le fait qu'il existait/existe de nombreux autres chanteurs qui considérés comme des "stars" de l'époque.
Surfant sur ma vague "Etats-Unis", je suis allée voir le film/documentaire Jesus Camp qui ne passait que dans deux salles parisiennes
il y a 3 semaines et qui passait seulement au MK2 Parnasse lorsque j'y suis allée.
Tout d'abord je dois dire que je ne comprends pas pourquoi ce film n'est pas
plus diffusé : deux salles c'est très peu pour la capitale
et c'est très peu par rapport à la qualité de ce documentaire
qui nous apprend beaucoup...
Etonnamment, à 10 minutes du début du film, j'étais la
seule dans la salle puis huit personnes m'ont rejointe, heureusement mais quel
dommage que l'on n'ait pas été plus nombreux car Jesus Camp
est très intéressant !
Il traite de l'importance croissante, aux Etats-Unis, que prend une forme
radicale d'évangélistes sur les enfants et comment cette future
génération prend et prendra de plus en plus de puissance,
de poids politique et électoral dans les années à
venir, voire les mois à venir si l'on prend en compte les élections
présidentielles américaines de 2008 !
Alors qu'aux Etats-Unis, comme en France, l'Eglise et l'Etat sont séparés,
on se rend compte que dans les faits la politique et la religion sont mélangées.
La force de ce documentaire était de nous apprendre ce qu'il se passe
aux Etats-Unis sur ce thème et de réussir à nous choquer
de la violence des moyens utilisés sur de si jeunes enfants (de
5 à 15 ans environ) et tout ceci dans le but de créer une "armée
de Dieu". La personne qui s'occupait de l'éducation évangéliste
de ces jeunes partait du constat que l'Islam, les musulmans, avaient réussi
à créer une telle "armée" grâce à
des camps pour apprendre à tuer et à être prêt à
mourrir pour Dieu... C'est donc ce que cette personne souhaite faire également
: créer une génération dévouée à
Dieu et capable de donner sa vie si nécessaire... C'est pourquoi
elle a créé des camps ("Jesus Camp") pour enfants
évangélistes.
Ce qui est choquant, outre le but recherché, ce sont les méthodes
employées pour parvenir à ses fins : chants, danses, animations
mais aussi répétitions de phrases chocs (être prêt
à mourrir pour défendre Dieu), inculcation d'idées politiques
(être contre l'avortement, démonstrations à l'appui, aimer
le président George W. Bush et sa politique, etc.).
Les enfants étaient carrément en pleurs et certains même
presque en transe et pris de convulsions ! C'était étrange ! Ca
s'apparentait beaucoup à une secte en fait ! Mais qu'est-ce qui distingue
une secte d'une religion "classique" ? Est-ce le fait qu'une religion
ait été acceptée jadis et reconnue comme telle ? Je me
pose la question sans en connaître la réponse.
Egalement, dans ce "Jesus Camp" on inculque aux enfants des idées
très dangereuses comme le concept de créationnisme (qui
dit en gros que l'Homme a été créé directemment
comme tel par Dieu) opposé au concept scientifique de l'évolution
(l'Homme était singe puis il a évolué jusqu'à devenir
humain).
Il en découle un refus de la science de la part des évangéliques
américains (je ne sais pas si c'est le cas également pour les
autres évangélisques). Une des conséquences de cela est
que 1,8 million d'Américains fait l'école à domicile aux
enfants mais la statistique du film ne précisait pas si ces presque 2
millions d'enfants étaient tous évangélistes ou non...
Autre donnée : 29% des Américains sont évangéliques,
soit 80 millions de personnes ! Avec ce nombre, pas étonnant qu'ils représentent
un poids électoral à ne pas négliger...
Le "Jesus Camp" est situé au Dakota du Nord mais on apprend
que le Colorado a la plus grande concentration d'évangéliques
aux Etats-Unis.
On parle, dans le documentaire, d'une "armée politico-religieuse".
C'est un endoctrinement incroyable et violent par les mots et les méthodes
utilisés.
Question : pourquoi les Etats-Unis sont si particuliers et en même
temps toujours extrémistes à ce point sur beaucoup de choses ?
Parce qu'il s'agit d'une nation jeune ? Ce n'est pourtant pas la seule.
Au moins, maintenant j'ai conscience de tout cela et je regarderai d'un oeil
plus averti les actualités et les élections américaines.
Merci aux réalisatrices (Heidi Ewing et Rachel Grady) donc !
J'avais vu le résumé puis la bande-annonce de ce film/documentaire,
Kings of the world et j'étais très enthousiaste
à l'idée d'aller le voir.
Seulement voilà, il n'était à l'affiche que dans deux
salles à Paris, toutes deux dans le 6e arrondissement. Je me demande
d'ailleurs pourquoi ce documentaire n'était projetté que dans
deux salles vu son intérêt et sa qualité !
Le thème du film était l'influence des Etats-Unis sur le monde,
selon les Américains eux-mêmes.
Le but d'un des réalisateurs, Rémi Rozié, était
de faire parler ceux qui n'ont jamais la parole pour ce genre de questions,
c'est à dire les Américains lambdas, tout un chacun donc
et il a choisi pour cela d'aller à la rencontre de plus de 170 personnes,
de manière fortuite, en 2004 (avant, pendant et après les
élections présidentielles), pour discuter avec celles qui le souhaitaient
(apparemment certains échanges duraient plus d'une heure, selon Mr Rozié).
Les réalisateurs (Rémi Rozié mais aussi Valérie
Mitteaux et Anna Pitoun) ont choisi l'ouest des Etats-Unis car apparemment
c'est là où se trouvait le côté pionnier, le Far
West, les Etats-Unis mythiques.
"Nous" sommes donc allés à la rencontre de différentes
personnes, qui rentraient toutes dans un schéma caricatural, malgré
elles : une serveuse dans un casino, une famille mixte, un artiste danseur,
un employé de zoo, des Bikers, une femme noire policier, etc.
Certains étaient très défenseurs de George W. Bush et
d'autres semblaient plutôt critiquer sa politique. Peut-être est-ce
parce qu'ils étaient plus virulents dans leurs propos (je pense
au cow-boy et aux Mormons), j'ai surtout retenu les pro-Bush.
J'ai trouvé les personnes interviewées assez ouvertes par rapport
au fait que le documentaire était tourné en 2004, c'est à
dire lorsque les relations France/Etats-Unis étaient assez froides ("Freedom
fries" au lieu des "French fries"...). Il n'y a pas eu d'agressivité
apparente, fait confirmé ensuite par le réalisateur présent
ce soir-là pour débattre à la fin de la séance.
Il expliqua que lui et ses deux acolytes françaises elles aussi, s'étaient
préparés au pire : qu'on leur casse le matériel, qu'on
les traite de tous les noms... mais il en fut tout autrement.
Ce que j'ai appris grâce à ce documentaire :
- Les Américains sont bel et bien incroyablement Fiers
d'être Américains et aimaient à le montrer par diverses
formes (discours, drapeau sur le camping-car, la maison, etc.).
- Certains sont plus ouverts d'approche qu'on pourrait le croire (les
Bikers par exemple).
- Ils ont apparemment un niveau de culture et de connaissance de l'actualité
mondiale moindre qu'en Europe.
- Certains se rendent compte de l'influence américaine à travers
le monde mais surtout d'autres n'en ont pas du tout conscience.
- Certains pensent que les Etats-Unis ont le meilleur système du monde,
qu'ils sont les meilleurs et que leur rôle est d'être les gendarmes
et les sauveurs du monde (ça me rappelle le titre d'un livre : Les
Etats-Unis, gendarmes du monde. Pour le meilleur et pour le pire). Problème
: c'est selon leur idéologie qu'ils agissent... Exemple de l'Irak
: officiellement, le but est/était de sauver les Irakiens de leur dictateur...
- La vie aux Etats-Unis est bel et bien dure : avoir deux jobs
pour payer le dentiste à sa fille, nous expliquait la serveuse de casino
par exemple ou beaucoup travailler pour peu d'argent gagné (un autre
cow-boy) ou encore la difficulté à inciter les gens à donner
de l'argent (dans le cas de l'artiste danseur).
- On voit quelques drôles de personnages au début et à
la fin du film, je me suis demandée si cétait un pays peuplé
de nombreux fous, de personnes ayant besoin d'aide psychologique, comme dans
de nombreuses grandes villes, comme à Paris où il n'est pas rare
de croiser des personnes parler dans le vide... La concentration massive d'hommes
et en même temps l'individualité est certainement le fait de cela
aussi.
- Les armes, toujours les armes, le culte des armes, depuis tout petit
!
- L'importance de la religion : on a vu des Mormons et une famille catholique
ou protestante mais tous très croyants.
- Le titre du film, Kings of the world, est évoqué dans
le documentaire : quelqu'un nous parle d'un jeu d'enfants qui s'appelle "King
of the hill" où le but est apparemment d'arriver au sommet...
on comprend mieux le titre.
A la fin du film, il y eut donc un débat en présence de Rémi
Rozié (réalisateur du film), un haut placé Américain
(William Owen, je pense, premier secrétaire aux Affaires politiques de
lambassade des Etats-Unis en France, selon le site officiel du film),
un Français mais je ne sais pas s'il s'appelle Jacques Andréani,
ancien ambassadeur de France aux USA car on n'aurait pas dit mais bon et
un caméraman.
Rémi Rozié, un des réalisateurs
Le débat portait sur l'Europe vs les Etats-Unis. J'ai posé
quelques questions, restées parfois sans réponse car personne
ne savait quoi répondre malheureusement et je m'en suis posées
d'autres sans les divulguer, par manque de temps ou car je n'ai pas osé
tout simplement. Parmi mes questions posées ou non :
- Comment ont été sélectionnés les intervenants
? Réponse du réalisateur : au hasard des rencontres donc plus
quelques contacts. Sur les 170 personnes interviewées, 50 ont été
gardées mais justement comment ont-il fait la sélection, selon
quels critères ? Car on ne voit pas 50 intervenants dans le documentaire.
- Le concept de liberté ("freedom") revient souvent
: pourquoi est-il autant exprimé chez eux ?
- Pourquoi est-ce que les Américains sont-ils si fiers d'être
Américains ? Et pourquoi le montrent-ils autant ? Est-ce du à
l'éducation (le serment d'allégeance prononcé chaque matin
par les enfants à l'école par exemple, en tous cas c'est ce que
je voyais à la télévision lorsque je regardais des séries
américaines pour ados) ? Contrairement à la France ou plus globalement
à l'Europe où même si chacun est fier de sa nationalité,
il ne le montre pas, ça passerait même parfois pour du nationalisme...
A cette question, l'ambassadeur n'a pas pu me répondre malgré
quelques secondes de réflexion et a terminé en disant qu'il s'agissait
d'une très bonne question
Je pense qu'un ou plusieurs éléments de réponses existent
pourtant quelque part... mais personne ne savait... donc si quelqu'un lit ces
lignes et connaît la ou les réponses
- Pourquoi est-ce que les Américains sont si coupés du monde
dans le sens où ils ne s'intéressent pas, apparemment, à
ce qu'il se passe en Europe (sans parler de l'Afrique !) : est-ce par patriotisme
? Un patriotisme excessif ? Ou est-ce par simple désintérêt
car après tout ils se suffisent à eux-mêmes pour vivre ?
Idem, personne n'a pu me répondre alors que je pense qu'un spécialiste
d'histoire, de politique, de géopolitique ou de sociologie peut-être
pourrait m'en dire plus
- Est-ce que les médias n'ont pas leur part de responsabilité
? Parce qu'après tout, on n'est, grosso modo, amenés à
connaître que l'actualité que les médias veulent bien nous
faire savoir... donc les médias américains sont-ils trop nombrilistes
de fait ou par conséquence ?
Ce qui me fait un peu peur d'ailleurs c'est que ce côté-là
arrive en Europe, comme souvent ce qui se passe aux Etats-Unis termine sa route
un jour ou l'autre chez nous.
- L'esprit Pionnier existe toujours pour certains : comment ça
se fait ?
- Est-ce que leur optimisme vient de cet esprit pionnier qui perdure et s'est
peut-être transmis de génération en génération
? Puisque les personnes interviewées sont de l'ouest des Etats-Unis.
- Les Américains défendent beaucoup leur pays mais pourquoi une
telle union du discours (ou sentiment d'union) alors qu'il y a tant de
différences sociales et économiques pour chacun dans les faits
?
- Les Américains croient avoir le meilleur niveau de vie et système
: est-ce l'optimisme qui fait qu'ils pensent cela ? Le patriotisme ? L'aveuglement
? L'ignorance ? L'innocence ?...
- Les Américains sont toujours optimistes malgré les problèmes
qu'ils peuvent rencontrer, à la différence des Français.
Ils gardent toujours l'espoir, quelque part, qu'un jour ils décrocheront
le gros lot ou réaliseront leur rêve le plus fou. Est-ce à
dire que les Français sont plus pragmatiques ou est-ce la culture qui
veut ça ? Ou encore le résultat du système économique
qui fait qu'aux Etats-Unis on peut devenir "roi" de son secteur en
quelques temps alors qu'en France, il faut les diplômes, les relations,
la bonne tête, couleur de peau, etc. ? Bref un parcours du combattant
qui empêche l'illusion.
Bref, je me suis posée beaucoup de questions après ce documentaire
"L'année où mes parents sont partis en vacances" est d'un film brésilien de 2006 dont l'histoire se déroule
en 1970, à Sao Paulo.
Les parents de Mauro, un enfant de 12 ans, partent officiellement "en
vacances" mais en fait ils fuient le régime de la dictature car
ils sont militants de gauche.
Ils déposent donc Mauro devant l'immeuble de son grand-père afin
qu'il le recueille en attendant leur retour. Oui mais voilà, il se trouve
que ce dernier vient de décéder d'une crise cardiaque et personne
n'est encore au courant.
Personne, sauf le voisin du grand-père, qui se prénomme Shlomo.
Shlomo est un juif d'un certain âge, qui vit seul et qui décide
de prendre le petit Mauro le temps de trouver une solution auprès du
rabbin et de la communauté juive.
Lorsqu'ils apprennent que Mauro est un "goy" (un non juif), contrairement
à son défunt grand-père, ils ne savent plus quoi faire
de lui...
Il faut savoir que les parents de l'enfant lui ont dit qu'ils seraient de retour
"pour la Coupe du Monde" (de football).
Mauro, comme tous les enfants du Brésil, est passionné de football
et rêve de devenir gardien de buts.
Son contact avec Shlomo, déjà assez froid, s'est dégradé
depuis qu'il sait qu'il n'est pas juif d'autant plus que cette boule d'énergie
perturbe les habitudes de vie de ce grand-p&eagrave;re.
Mauro décide donc d'investir l'appartement de son grand-père,
qui vivait seul aussi, livré à lui-même.
Au bout de quelques temps, il arrive à se faire des amis de son âge
et s'intègre petit à petit à la communauté juive
du quartier.
Tout va pour le mieux à part la tristesse qui point son nez de temps
en temps face à l'absence inexpliquée, pour lui, de ses parents.
C'est enfin le jour J : le lancement de la Coupe de Monde de football 1970.
Mauro est tout excité : il a revêtu son maillot de foot numéro
10, celui de Pelé je crois et a préparé sa valise.
Tout en suivant les matches de football, entre deux actions, il regarde à
la fenêtre, scrutant chaque voiture en attendant de voir celle de ses
parents qui avaient promis de revenir "de vacances" pour la Coupe
du Monde.
La déception de Mauro est grande lorsqu'il réalise que ses parents
ne viendront pas le chercher et cette déception se transforme alors en
colère, en rage.
Le Brésil a gagné la finale de la Coupe du Monde ! Malgré
cette bonne nouvelle pour tout passionné de football, ce n'est pas le
plus important...
Grâce à Shlomo, qui a beaucoup fait pour retrouver la trace de
ses parents, en passant par un réseau "underground" de militants
de gauche et à ses risques et périls vu le régime en place,
Mauro retrouve enfin sa mère, étendue sur un lit, visiblement
fatiguée par les épreuves qu'elle a subies (mais nous ne savons
pas lesquelles exactement).
Le petit est très content et demande à sa mère où
se trouve son père. On comprend qu'il est décédé
mais celle-ci lui répond que son père arrivera, comme toujours,
en retard... (Quelle poésie ! Wow!).
Le retour de sa mère signifie pour Mauro la fin de son séjour
auprès de Shlomo, de la communauté juive, des amis qu'il s'est
fait, etc.
Et voilà comment s'est passé son année 1970... nous dit-il
à la fin. L'année où ses parents sont "partis en vacances"...
Le début du film commence sur plan du jeu de football (genre de Subbuteo)
de Mauro, chez lui. Plus précisément, la caméra nous montre
le gardien de buts et Mauro explique que le poste de gardien est le seul où
le joueur reste seul durant le match... Mauro se retrouvera justement tout seul
pendant longtemps en attendant ses parents et se découvrira une vocation
de gardien de buts...
A la fin du film, il nous raconte d'ailleurs que son père l'imaginait
gardien de buts...
Cet acteur, Michel Joelsas, est d'ailleurs formidable. Il a non seulement "une
bonne bouille" mais en plus il a, je trouve, une capacité importante
à faire passer ses émotions, montrer ce qu'il ressent, que ce
soit de la malice, de la joie ou des ressentiments, de la colère ou de
la peur. C'est peut-être pour cela qu'il a été choisi parmi
un casting de 1000 enfants !
"O ano em que meus pais saíram de férias", de son titre
original, est un très joli film, encore une fois.
J'ai l'impression que les films latinos ont "une âme"
: ils dégagent quelque chose de différent par rapport aux films
américains ou français que j'ai vus jusqu'à présent
(je précise). Ce sont des films qui ont une subtilité réelle,
une simplicité, un naturel que j'aime et des plans d'images dignes d'être
des photos dans bien des cas. Les sentiments sont davantage mis en avant et
la beauté des langues latines nous transporte encore plus. C'est donc
joli visuellement, auditivement et émotionnellement.
J'ai également l'impression que les thèmes traités sont
bien plus originaux que nos films du box office. Ca change vraiment, quoi !
En outre, bien souvent ce genre de films permet d'en apprendre plus sur la culture
d'un peuple, d'un pays ou d'un événement de l'histoire vécu
par un angle de vue particulier (ici la dictacture au Brésil en 1970).
On en sort donc plus riche à chaque fois, c'est en tous cas la sensation
que j'ai quand je sors de la salle de cinéma
PS : il faut vraiment que j'aie une carte d'abonnement MK2/Gaumont !