G testé...

samedi 8 septembre 2007

Exposition Kara Walker

Il s'agissait de l'exposition "Mon ennemi, mon frère, mon bourreau, mon amour" au "MAM" de Paris, au musée d'art moderne de Paris, situé à côté du Palais de Tokyo, un autre musée d'art à Paris.

A peine entrée j'ai bien aimé l'oeuvre illuminée sur laquelle on pouvait lire le nom du lieu. Je ne sais pas si c'est quelque chose de permanent ou non... on verra la prochaine fois ;-)

A quelques pas de là, on se retrouve confronté à une première oeuvre de Kara Walker qui reflète bien le reste : une grande fresque où l'on voyait des silhouettes noires sur un fond blanc qui faisaient toutes sortes de choses dont certaines "particulières" comme déféquer... Ca faisait d'ailleurs partie des rares choses en "couleur" : marron, donc.

Cette première oeuvre me laissait déjà un peu perplexe quant à la suite de l'exposition !

Kara Walker présente sa vision de l'Amérique par l'oeil de la ségrégation, du racisme, les conditions de vie, les enfants non désirés, la sexualité taboue, de quelle que forme que ce soit : homme/femme, femme/femme, homme/homme, homme/animal, femme/animal, noir/blanc, noir/noir, maître/esclave, adulte/enfant... une vision pour le moins... peu commune :-D

Bien que j'adhérais au concept de création artistique, que je trouvais très original et joli (!), je n'adhérais pas au côté provocation que Kara Walker a voulu donner à ses fresques.

Manifestement, son but était justement de choquer le visiteur et avec ce but a été atteint mais je trouve que ses oeuvres auraient tout autant pu avoir un message en excluant cette violence visuelle infligée. On se sentait presque gênés de voir cela, on avait une sensation d'inconfort.

Ce que j'ai trouvé original :

- la présence de films "faits maisons", des films d'animation, avec des silhouettes en papier tirées par des ficelles derrières lesquelles on voyait d'ailleurs quelqu'un, que l'on supposait être l'artiste elle-même.

Les films étaient, encore une fois, en noir et blanc et sous-titrés (pas seulement en français mais en anglais aussi car certains films étaient muets).

- les projections astucieuses car elles présentaient sur un mur un dessin par dessus lequel il y avait une vidéo projection qui formait au final une oeuvre, une image. Ceci ressemblait à ça :

Bravo pour la créativité ! Ca m'a vraiment plu de penser qu'on pouvait avoir eu une telle idée.

- Dans une pièce où un film était projetté, Kara Walker nous permettait d'être DANS le film car le décor, des arbres en l'occurrence, avait été apporté près de nous. Ca rendait le spectacle, le film, plus profond, on se sentait plus impliqué. Un peu comme ceux qui achètent un home cinéma en quelque sorte :-D sauf que là c'était juste un décor en bois !

- Les silhouettes étaient toutes en noir et blanc, ce qui colle bien à l'époque je trouve, sauf une fresque assez grande dont les murs étaient cette fois noirs et les ombres grises avec une (autre) originalité : quelques ombres étaient blanches (!) et parfois c'était très bien vu, je pense notamment à l'idée d'avoir mis en blanc un rat que l'on suppose noir en vérité. Wow, bravo encore une fois à l'artiste !

- Une fresque était à 360 dégrés.

- L'exposition nous donne à voir également les lettres de son journal intime où l'on pouvait lire (en anglais) la violence que Kara Walker semble avoir réellement en elle, via des mots et des dessins.

Enfin, je dirais que l'affiche de l'exposition ne reflétait pas du tout ce qui se cachait derrière ! Il aurait fallu mettre une ou des silhouettes noires sur fond blanc afin de bien représenter l'exposition de Kara Walker.

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dimanche 26 août 2007

Exposition Steve McCurry

On voyait les affiches pour cette exposition prometteuse partout dans le métro, alors j'y suis allée.

Steve McCurry est notamment l'auteur de cette fameuse photo :

L'exposition, gratuite, se déroulait à la galerie Frédéric Got, rue de Seine, dans le 6e arrondissement de Paris.

Et bien j'ai été assez déçue car il n'y avait pas beaucoup de photos à voir !

"Beaucoup de bruit pour rien" en quelque sorte, voici ce que je me suis dit au sortir de la galerie...

En dehors de ce tapage médiatique démesuré par rapport à la petitesse de l'exposition, j'ai trouvé les photos de Steve McCurry d'une beauté comparable à celles de Yann Arthus-Bertrand dans son livre La Terre vue du ciel.

J'ai remarqué que les photos de Steve McCurry (je parle de celles présentées dans cette exposition) se distinguaient par :

- les yeux des personnes photographiées, perçants le plus souvent

- le contraste formidable des couleurs, qui sont d'une qualité rare de ce que j'ai pu voir jusqu'à présent (je ne suis pas du tout experte, je précise ! Ce n'est que mon point de vue.)

- le fonds des photos parfois coloré. Des couleurs comme "argilleuses" ou "poudreuses".

- la lumière projettée et captée par les visages

Paradoxalement, je n'ai pas aimé les "gros grains" des photos, qui sont paraît-il une technique photographique... Peu pour moi ;-)

Enfin, j'ai bien aimé la photo suivante, qui me donnait une impression de gigantisme, d'amplitude de l'événément. C'est un sentiment qui me semblait intéressant car difficile à transmettre photographiquement pour moi :

Ma note pour cette sortie : 5/10.

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mercredi 18 juillet 2007

Exposition rock'n roll 39-59

Il s'agissait d'une exposition sur l'histoire du rock'n roll des années 1939 à 1959, à la fondation Cartier.

Pour la petite anecdote, des "bikers" français sortaient tout juste des lieux... j'étais bien au bon endroit donc :-D

Cette exposition proposait selon moi beaucoup, beaucoup de contenu d'une part et de tous types d'autre part : de l'audio, de la vidéo, des photos, des textes...

La présentation était très réussie : jolies couleurs, espace grand (bien que peu éclairé) et présentoirs originaux.

Cependant, à vouloir trop bien faire, il y avait trop à lire, voir et écouter ! Résultat : l'exposition était un peu difficile à intégrer, digérer. Le côté "découverte" était là mais pas le côté "mémorisation".

Ca faisait un peu comme si l'exposition ciblait davantage les initiés et on imagine que les fans clubs d'Elvis doivent avoir beaucoup à collectionner.

J'ai d'ailleurs bien aimé voir une veste portée par Elvis durant un show télévisé américain mais cela m'a également permis de me rendre compte qu'il s'agissait du seul objet exposé ayant appartenu à quelqu'un de connu dans le monde du rock de ces années-là.

Il y avait aussi des juke-box, placés dans un autre espace et qui étaient très très sécurisés : une hôtesse les surveillait et vous rappelait à l'ordre si vous franchissiez la "ligne blanche". Mouaich, faudra revoir le côté "friendly" de l'exposition...

Il y avait donc plusieurs juke-box exposés (ainsi qu'une voiture d'ailleurs) mais pourquoi en avoir perché la moitié aussi haut ! Impossible de bien les regarder puisqu'ils étaient à plusieurs mètres du sol ! N'importe quoi ! Bref...

Heureusement, ils avaient pensé à en mettre un "à hauteur d'homme" :-D et utilisable par tous ! Alors, après avoir attendu de longues minutes qu'un nostalgique passe tous les morceaux qu'il souhaitait écouter (...), j'ai enfin pu me confronter à cette machine "hors du temps" ;-)

Le procédé est en fait assez simple : introduire une pièce (pas besoin à l'exposition) et sélectionner le numéro du morceau que l'on souhaite écouter. A la fin de ce morceau, il faut attendre que la machine fasse un aller-retour complet (histoire de remettre le CD disque, à sa place et de se ballader pour je ne sais pas quoi faire) avant de composer un autre numéro.

A part ça, j'ai particulièrement apprécié le coin dédié à la photo, plus précisément la tentative d'aider les visiteurs à se remettre dans le contexte socio-historique du rock de ces années-là en mettant notamment l'accent sur les Noirs et leurs conditions de vie, la modernisation croissante et la consommation.

L'exposition proposait une boutique avec badges, livres, disques et t-shirts mais rien d'extraordinaire à mon goût.

Ce qui également dommage, c'est que le rock de ces années, 1939-1959, ne m'évoquait pas grand chose car je ne connaissais qu'Elvis mais bon ça m'a permis de toucher du doigt le fait qu'il existait/existe de nombreux autres chanteurs qui considérés comme des "stars" de l'époque.

Ma note pour cette sortie : 6/10.

Site officiel

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lundi 14 mai 2007

Exposition Calamity Jane

J'avais entendu parler de Calamity Jane et de l'exposition "Calamity Jane ou les Légendes de l’Ouest" dans l'émission "Rêve de comptoir", sur la chaîne de télévision "Voyages". Les chroniqueurs avaient présenté le livre et parlé de l'existence de l'exposition. J'avais noté tout cela et me voici donc, quelques semaines plus tard, en route pour en apprendre plus sur ce personnage, ne connaissant rien du tout sur le sujet. Je pensais même jusqu'à cette émission que Calamity Jane n'avait jamais existé, qu'il s'agissait juste d'une personnage de légende... Au final, il s'agit bel et bien d'un personnage de légende mais... réel !

J'entre dans la petite cour du musée des Lettres et des Manuscrits, où se situe l'exposition. Je vois deux portes : l'une fermée et en vitre teintée noire, l'autre ouverte. Je me dirige donc logiquement vers cette dernière. Quelle erreur ! Il s'agissait en fait de la partie "théâtre" du musée et après avoir demandé un billet d'entrée pour l'exposition à l'homme qui se tenait au bureau, il m'a dit que ce n'était pas ici mais "là-bas". Je le remercie donc et je vais "là-bas"... j'essaye une direction mais je me retrouve devant la porte des toilettes... J'essaye alors la deuxième direction et je me retrouve, quelques mètres de profondeur sous terre, devant une porte indiquant qu'il fallait faire le silence car une pièce de théâtre était en cours, je regarde à gauche : un endroit entièrement noir... Je décide alors de remonter "vers la terre" et je demande au même monsieur de m'indiquer où se trouve l'exposition car je ne l'ai pas trouvé et là il fut à la limite de l'impolitesse : "mais qu'est-ce que voulez voir au juste monsieur ?" (notez le "monsieur"...), d'un air agacé et désagréable... Je lui répétai que je voulais voir l'exposition sur Calamity Jane. Il m'a enfin expliqué que c'était dehors, à l'autre porte, l'entrée pour l'exposition. Et bien comment pouvais-je le savoir moi ? C'est la première fois que je mettais les pieds dans ce musée et en plus l'autre porte semblait condammnée ! Pfffff franchement quel accueil !

Malgré tout je poursuis mon chemin, j'achète mon billet d'entrée (6 euros), l'hôtesse me précise que Gregory Monro, l'auteur de la nouvelle édition complétée du livre Lettres à sa fille, "est en dédicace aujourd'hui". Je descends les escaliers qui me mènent enfin vers l'exposition Calamity Jane.

Je découvre les lieux : une exposition assez petite et un homme qui semble être le fameux créateur de l'exposition, expliquant ces travaux de recherche à une femme.

L'exposition présentait la vie de Calamity Jane (de son vrai nom Martha Jane Canary) depuis son arrivée à Deadwood (ville apparemment mythique du Far West et qui sert encore de décors pour certains films et certaines série) jusqu'à sa mort et même après...

On y voyait :

- quelques cartes de géographie montrant les flux des "Américains" et des Amérindiens au début de la conquête vers l'ouest

- de nombreuses photos de Calamity Jane au fil du temps, sous divers "costumes" (masculins mais aussi très féminin et raffiné parfois) qui nous montraient qu'elle pouvait aisément passer de l'image masculine qu'elle s'était donnée à son image propre de femme

- des photos et histoires de ses acolytes Wild Bill Hickock, Jesse (Woodson) James et William Frederic Cody, dit Buffalo Bill. J'ai appris qu'elle leur vola la vedette à tous !

- une présentation du "Buffalo Bill Show" dont une vidéo d'époque !

- le fameux manuscrit des lettres de Calamity Jane à sa fille, que Grégory Monro a acquis ! :-o

L'homme qui parlait à la femme était bel et bien Grégory Monro, créateur de l'exposition et il a été assez gentil de m'aborder pendant que je regardais ses travaux, pour me dire que si jamais j'avais besoin d'un renseignement ou d'une quelconque explication, il se tenait à ma disposition, juste derrière.

J'ai profité de l'occasion et du fait que j'étais alors seule dans la salle avec lui pour lui demander comment et pourquoi il s'était intéressé à ce personnage et pourquoi on y voyait les portraits d'autres grandes figures du Far West.

Gregory m'expliquait que tout le monde connaît Calamity Jane grâce à la bande-dessinée (Lucky Luke notamment) mais aussi grâce aux Lettres (apparemment très connues), qu'on en entend plus parler en ce moment également grâce justement à son exposition et à la publicité qui en a été faite dans divers journaux et magazines.

Il m'expliqua également qu'il était cinéaste, réalisateur (et non historien ou écrivain) et en train de travailler sur un documentaire pour la télévision sur Calamity Jane. C'est pour cela il avait dû faire des recherches, qui sont celles d'un passionné au final mais dignes de celles d'un historien presque et ces recherches ont pris une ampleur plus importante lorsqu'il découvrit les fameuses Lettres, qu'il acquit le manuscrit avec des lettres inédites.

Grâce aux Lettres à sa fille et à l'exposition dans une moindre mesure, on se rend compte que Calamity Jane était en fait une femme (presque) comme les autres, avec des amants, mariée plusieurs fois même et qui eut au moins un enfant, plusieurs vraisemblablement, dont elle dut se séparer et qui furent adoptés car elle était toujours sur les routes et ne pouvait donc pas les élever. C'est d'ailleurs grâce à l'une de ses filles, Jean McCormick (oui, c'est un prénom féminin chez eux !), en 1941 sur les ondes d'une radio, que l'on eut connaissance des lettres écrites à sa fille et ne devant être lues qu'après sa mort (Calamity Jane est décédée en 1903) et que l'autre facette du visage de ce personnage historique fut dévoilé.

En fat, Calamity Jane a le mérite d'avoir réussi à se sortir de sa condition de femme de l'époque, c'est à dire privée de liberté et dont le destin était d'élever des enfants, coudre et punto en gros... A la place, elle est partie à la conquête de l'ouest américain, a appris à monter à cheval, utiliser un lassot, tirer, etc. et afin d'obtenir le relatif respect des hommes, elle s'habillait à leur égal, en pantalon, ne lâchant pas son arme apparemment, elle acquis malheureusement aussi leurs travers : elle buvait, allait dans les bars et parlait fort par exemple. Avec ce genre de comportement, elle eut une réputation de prostituée, de personne dépravée.

Les recherches de Grégory Monro l'ont mené jusqu'au Etats-Unis où il a acquis de nombreuses choses et où il a fait un petit documentaire que l'on peut voir dans la salle de projection de l'exposition. Ce petit documentaire nous brosse le portrait de Calamity Jane à travers le regard de trois femmes qui l'incarnent dans divers shows américains. L'une d'elles est d'ailleurs l'arrière petite nièce de Calamity Jane. Les deux autres sont une ex-anthropologue et une ex-enseignante.

La bonne nouvelle est qu'un projet de film (pour le cinéma donc) va peut-être voir le jour mais à l'heure actuelle ce n'est pas encore sûr.

Cette exposition m'a permis de toucher du doigt le mythe du Far West, de Calamity Jane et de ses acolytes et de réaliser à quel point j'ai encore tout à apprendre sur cette période de l'histoire américaine ! Dommage que l'exposition fut, malgré tout, trop petite, comme je disais plus haut. J'attends donc avec impatience la diffusion du documentaire de Grégory Monro ;-) et peut-être plus, qui sait, si jamais je pars en voyage aux Etats-Unis un jour ou si je tombe sur un livre passionnant et accessible sur le sujet. Il y a tant à apprendre ! J'ai d'ailleurs acheté l'édition revue et augmentée de son livre afin de continuer à en savoir plus... livre qu'il m'a gentiment dédicacé.

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mardi 24 avril 2007

Exposition photo Bruce Davidson

Il s'agissait d'une exposition photo de Bruce Davidson, photographe américain né en 1933. Cette exposition avait lieu à la fondation Henri Cartier-Bresson (lui aussi photographe) située dans le 14e arrondissement de Paris et c'était d'ailleurs la première fois que j'y mettais les pieds.

Après avoir acheté mon entrée, à 5,30€, je monte les escaliers de ce bâtiment très joli : murs blancs immaculés et escaliers en bois, la classe ;-)

Les expositions Bruce Davidson s'intitulaient "Time of change" et "100e rue" et se déroulaient jusqu'au 22 avril 2007.

L'exposition "Time of change" avait pour thème la vie et la lutte des Noirs aux Etats-Unis dans les années 60 et l'autre, "100e rue", avait elle pour thème le Harlem espagnol dans les années 60 également.

J'ai trouvé ces deux expos assez ressemblantes ou se complétant, plutôt.

 

Il y avait une centaine de photos, en noir et blanc, de nombreuses étaient très jolies à mon goût et toutes nous montraient un aspect de la vie des Noirs aux Etats-Unis à cette époque : ça pouvait être leur lieu de vie, leurs enfants, la pauvreté, l'isolement, la solitude, la violence, les relations parents/enfants, le travail, etc. ou une étape de leur vie : une femme enceinte, une photo d'un enfant diplômé, le mariage, la vieillesse, la jeunesse (énormément représentée sur les photos)...

J'ai remarqué que l'on ne voyait que des portraits et que beaucoup de personnes photographiées avaient un regard un peu nonchalant, hagard, comme blasés de la vie ou de la difficulté de la vie et sans beaucoup d'espoir que cela ne change vraiment.

Ce qui m'a également attiré l'attention, c'est le cadrage effectué par Bruce Davidson : je me demandais souvent comment il avait fait pour penser à faire tel ou tel cadrage car je n'aurais pas du tout pensé à faire le même à sa place ! Son cadrage était ingénieux car il permettait de replacer les personnes qu'il photographiait dans leur environnement de vie ! Wow !

J'ai par exemple le souvenir d'une photo où l'on voyait une femme allongée sur un canapé. Et bien au lieu de cadrer la photo sur son regard ou autre, Bruce Davidson a pris la photo de telle sorte que l'on voyait la moitié du canapé où elle était allongée et l'autre partie de la photo montrait le début de la cuisine, ce qui faisait que j'avais une sensation d'intimité avec ses lieux, comme si j'étais chez cette dame, alors que je ne connaissais pas ces lieux.

Sur une autre photo, on voyait un enfant, allongé sur son lit. Ca me fait penser que l'on voyait de nombreuses personnes allongées, je ne sais pas pourquoi. Pour nous montrer que ces personnes sont en attente d'un changement ? Que la fatalité est là et un point c'est tout ? Bref, un enfant allongé sur son lit. Et bien une fois encore le cadrage était magnifique ! On voyait la pièce presque entière, on pouvait même voir l'ampoule au plafond, les murs défraîchis et tout ceci permettait, je trouve, de mettre en relief le vide qui entourait cet enfant. Pas de jouets, pas de meuble, rien. Peut-être est-ce d'ailleurs ce que voulait le photographe : remettre, encore une fois, cet enfant dans son environnement quotidien et par là-même montrer qu'il n'avait pas de jouets, la pauvreté donc, dans ce cas-là.

J'ai bien aimé un autre aspect du cadrage de Bruce Davidson : il se met parfois à la même hauteur que ceux qu'il photographie : je me souviens de deux photos où il s'était assis à la même table, à la même hauteur donc, que les personnes dont il immortalisait un instant, une tranche de vie.

Parfois, au contraire, il se mettait exprès au-dessus : pour des raisons d'esthétiques peut-être, de vue d'ensemble ou peut-être encore d'une impression de regard divin... Bruce Davidson en témoin de Dieu ?
Je me souviens particulièrement d'une photo : un enfant, mendiant dans la rue. Et bien on ne voyait que les cheveux de cet enfant mais surtout la boîte de conserve qu'il avait pour récolter les pièces de monnaie et qui scintillait, vide. Au loin, on voyait la rue.
C'était ma photo préférée de l'expo mais je n'ai pas réussi à la retrouver sur le Net pour la poster ici :-(

L'exposition nous montre des photos sur la lutte des Noirs pour le droit de vote notamment : Marche de Selma, Freedom March (les Freedom Riders) et globalement on ne voit que très rarement des Blancs aux côtés des Noirs. Ce qui est "normal" pour l'époque, aux Etats-Unis mais qui dénote que Bruce Davidson avait la volonté de nous montrer leur "ghettoïsation", peut-être.

  

Quelques photos nous montraient également le travail des Noirs comme cueilleurs de coton, dans le sud des Etats-Unis : la fatigue, le peu d'argent gagné, le travail des enfants, le Blanc qui paye le Noir, etc.

Enfin, on voyait à quelques reprises des animaux : un chien caché sous un lit, un pigeon, des oiseaux, etc. mais cela restait rare.

Voilà, j'ai bien aimé cette expo donc et je pense acheter peut-être un jour un livre sur celle-ci.

Ma note pour cette sortie : 8/10.

Site de la Fondation Henri Cartier-Bresson

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