G testé...

samedi 15 décembre 2007

Marchés de Noël de Strasbourg

Je suis allée, pour la première fois, voir les fameux marchés de Noël de Strasbourg, il y a une semaine, déjà.

Arrivée le matin, la foule du train se dirigeait toute vers le même endroit, il était donc facile de situer le centre-ville ! A 10h30, il y avait déjà du monde donc... mais ce n'est rien comparé au nombre incroyable de visiteurs qui était présent l'après-midi ! Il y avait tellement de monde que le midi, les restaurants affichaient tous complets, les affamés reluquaient les vitrines des restaurants pour voir s'il restait de la place quelque part... en vain. A 14h, je suis sortie du resto et beaucoup cherchaient encore une place pour manger... Prévoyez-donc le coup !

L'après-midi ce fut carrément noir de monde : on marchait presque sur les pieds des gens tellement le centre-ville était à la limite de l'asphyxie :-o

J'ai été très étonnée de constater que les Strasbourgeois étaient très aimables, serviables, polis et tout et tout :-o je pense que c'est parce qu'à Paris c'est tellement différent, tellement hostile comme univers que j'avais un peu oublié que des attitudes différentes pouvaient exister.

D'autre part, je ne savais pas que l'Alsace était spécialisée dans les pains d'épices et le miel :-o enfin je pense hein, vu le nombre de boutiques qui vendaient ces produits-là sous toutes ses formes. Miel de montagne, miel aux agrumes, miel d'aubépine, etc. Nous, on a opté pour le miel aux agrumes ;-)

Cette année, l'invité d'honneur des marchés de Noël de Strasbourg était le Québec : sirop d'érable sous toutes ses formes et bouteilles différentes of course mais aussi vêtements polaires, bières québecoises (!), saumon, "cranberries". Les marchands étaient de vrais québecois apparemment, en tous cas ils en avaient l'accent :-D

Sur les marchés, il y avait un endroit spécial pour les livres de Noël mais déception totale pour moi car il s'agissait de livres d'occasion, des estampes et des gravures anciennes. Un petit tour et puis s'en vont :-D

On a fait une ballade en callèche, dans le centre-ville toujours, pendant 20 minutes environ (5 euros). L'expérience est originale mais on ne voit rien de très très intéressant, à savoir donc.

A noter que le conseil que je donnerais serait de prendre un week-end entier pour visiter les marchés de Noël de Strasbourg plus quelques quartiers de la ville car le matin et l'après-midi furent trop courts pour tout voir :-(

Tiens, tiens, tiens, bizarre... mais je n'ai pas vu de Père Noël.

Mes conseils pour visiter les marchés de Strasbourg :

- Viste idéale à faire avec des enfants mais la ballade est aussi très sympa entre adultes. Bien se couvrir, c'est l'Est, n'oublions pas ;-)

- Rester une nuit sur place pour pouvoir voir les illuminations.

- Le trajet en TGV Est, depuis Paris est certes rapide (2 heures) mais assez cher, même en idTGV, sauf certains horaires, mieux vaut donc s'y prendre le plus tôt possible d'autant que les places partent rapidement pour la période de Noël, apparemment.

Ma note pour la visite des marchés de Noël de Strasbourg : 8/10.

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jeudi 4 octobre 2007

Le jazz contemporain

Wynton Marsalis par Joanne Savio

J'avais trouvé un peu par hasard l'information selon laquelle il y a des cours d'histoire de jazz à la Cité de la musique de Paris.

Pour moi le jazz a toujours été une musique d'initiés, un peu élitiste, assez floue à définir aussi, bref je ne connaissais vraiment rien du tout et je voulais changer ça. Connaître un peu les grands noms, les grandes influences, les origines, reconnaître des têtes, des sons...

Etant curieuse de voir si ces cours étaient accessibles à tous ou aux initiés de musique, je suis allée sur le site de la Cité de la musique. Un peu plus de précision à cet endroit : deux journalistes spécialistes du jazz donnaient ces cours/conférences ! Un gage de qualité pour moi.

Il allait falloir choisir vite si j'étais intéressée car je constatais que les séances commençaient le surlendemain !

Un petit tour sur le programme du "collège sur le jazz contemporain", avec des séances de deux heures, à 19h30, le jeudi :

- Séance 1 : Les frères Marsalis et le retour à la tradition

- Séance 2 : John Coltrane, Miles Davis, Bill Evans, Ornette Coleman

- Séance 3 : Néo-bop : filière blanche et fierté noire

- Séance 4 : L'Amérique du free

- Séance 5 : New York, esprit downtown

- Séance 6 : Les musiques improvisées européennes

- Séance 7 : Jazz, électro, hip-hop : à la recherche du groove

- Séance 8 : La galaxie M-Base

- Séance 9 : Génération CNSM

- Séance 10 : Le Smalls, une pépinière de nouveaux talents

- Séance 11 : Jazz vocal

- Séance 12 : Métissages 1

- Séance 13 : Métissages 2

- Séance 14 : Europe du Nord

- Séance 15 : Le répertoire du jazz est-il standard ?

Après avoir vu ce programme et que les séances étaient ouvertes à tous a priori, je m'inscrivis via le site, payai en ligne et hop, me voilà en droit d'assister à ces cours :-)

Ce que je retiens de toutes ces séances ?

- les deux journalistes étaient manifestement des passionnés mais semblaient parfois oublier qu'il y avait aussi des néophytes dans la salle, ce qui fut vraiment gênant par exemple lors d'une décomposition de partition :-o ou bien lorsqu'ils citaient des noms ou des termes censés être connus de tous les fans du genre certainement. Je me suis donc sentie un peu "larguée" à de nombreuses reprises.

- bien que l'un soit un peu plus pédagogue que l'autre, il fut parfois très difficile de ne pas être à la limite de l'endormissement, tant leur ton de voix était monotone, sans interpellation du public. Un quasi monologue de A à Z. Tout ceci manquait énormément de vie.

- on repartait de chaque séance avec des polycopiés contenant les références des extraits écoutés, des bibliographies, parfois des interviews, etc., ce qui est une bonne chose pour aller plus loin à tête reposée ou bien pour essayer de trouver les MP3 des artistes concernés :-) (tentative vaine dans la plupart des cas, même sur iTunes) mais j'aurais plutôt préféré avoir quelques rappels des bases du cours, afin de bien faire le distinguo entre les différents genres ou les caractéristiques de tel ou tel musicien.

- nous étions beaucoup à assister à ces séances mais au fur et à mesure, nous diminiuons en nombre... pour ne rester que petite dizaine !

- le public était malgré tout, pour cette session en tous cas, composé de passsionnés purs et durs en majorité, d'où des questions pointues, qui encore une fois me donnaient l'impression de ne pas évoluer dans le même monde que les autres :-D

- je comprends au final mieux le jazz : quand j'entends parler d'artistes ou que je vois des affiches dans le métro pour des concerts, leur nom m'est familier et je réalise qu'il s'agit de "pointures".

- je suis plus ouverte à l'écoute de musiques de jazz, j'ai vraiment apprécié certains extraits et j'essaye donc de décoller mes œillères... cependant, je n'en suis pas à adorer ce style musical. Ce n'était pas le but non plus.

A noter que le coût était de 70 euros pour 15 séances et que je constate qu'il est maintenant de 75 euros... pour le même programme, bizarre, bizarre...

Ma note pour ce collège sur le jazz contemporain : 6/10.

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samedi 29 septembre 2007

Cours à la Sorbonne

"American Progress" de John Gast

J'ai assisté à des cours sur le "Manifest Destiny" ou l'histoire de la conquête du continent nord-américain (1607 - 1849), à la prestigieuse Sorbonne 4, dans le cadre de "l'université inter-âges". Ce type de cours est destiné à tout le monde, quels que soient votre âge et vos études précédentes, rien n'est requis, d'où mon envie de voir la Sorbonne déjà et de participer à une série de cours sur la conquête du continent nord-américain, mon sujet "du moment" on va dire ;-)

Le programme de la série de cours était le suivant :

1) - Présentation générale. Les treize premières colonies.
2) - La guerre d’Indépendance. La Constitution américaine.
3) - 1789 - 1825 : Washington et le Fédéralisme. Jefferson. Madison. Monroe et le parti Républicain.
4) - La révolution industrielle. Jackson et la nouvelle démocratie du « Common Man ».
5) - La frontière. Le mouvement vers l’Ouest et le génocide des Indiens.
6) - La conquête de l’Ouest et la théorie de la Destinée Manifeste des États-Unis.

La Sorbonne 4 est située dans le "quartier latin" et je dois dire que je n'aime pas trop cet endroit car j'ai un peu l'impression de ne pas être à ma place avec tous ces jeunes "fils de" et "fille de"... C'est très flagrant.

Concernant les "murs" de la Sorbonne directement, le lieu était typiquement parisien mais sans être grandiose non plus de magnificence :-D mais bon disons il est vrai que l'on ressent le poids invisible du "prestige" dans les allées, où il règne d'ailleurs une bonne ambiance apparemment, une fois passé les gardiens d'entrée, en uniforme spécial (un peu comme les portiers d'hôtels). Particulier.

Le public (ou les élèves devrais-je dire mais c'est dur...) était la plupart du temps âgé, très âgé même pour certains... et posait de nombreuses questions pointues alors qu'il aurait suffit de rechercher la réponse directement dans un livre ! Lorsqu'une question peut être utile à tous d'accord mais quand on demande des chiffres d'une thématique pointue, pourquoi embetter tout le monde avec ça, la prof y compris d'ailleurs qui, la pauvre, n'avait pas la réponse et devait aller la chercher pour le cours d'après.

Je ne sais pas si vous avez bien regardé le programme ci-dessus mais il comporte en fait peu de cours : 6, pour cette thématique, ce qui me paraît très très "just" pour un sujet aussi vaste par rapport au nombre d'heures que l'on a donc on peut se poser la question suivante : pourquoi avoir établi un tel programme ? Il aurait fallu restreindre encore plus le sujet.

Malgré le peu de cours, il faut faire attention à l'assiduité, les cours ayant parfois lieu deux fois par semaine (en ce qui concerne celui que je suivais) et il n'est pas toujours facile de trouver le courage de "se bouger" une fois l'heure arrivée ;-)

On avait la chance d'avoir une prof sympa. Les seuls problèmes étaient qu'elle s'évadait trop vite et avait du mal à être concise, ce qui est embêtant lorsque l'on a que 6 heures de cours en tout et pour tout... et qu'elle mettait au rétro-projecteur des documents trop petits, on n'y voyait rien !

Deux petites anecdotes :

- 4 ou 5 personnes avaient pour rituel de poser leur enregistreur vocal sur le bureau de la prof à chaque début de cours... What for? Faut pas exagérer on n'a pas d'examen à la fin ni rien ;-). Je pense qu'il était surtout important de comprendre les faits et d'aller faire des recherches plus poussées si on souhaitait en savoir plus. C'est en tous cas ma manière de voir les choses.

- Un deuxième rituel qui me faisait rire à chaque fois : les applaudissements du public à la fin du cours, pour la prof bien sûr :-D j'ai trouvé ça un peu "dépassé" mais vu la moyenne d'âge (60-70 ans je dirais) ça ne m'étonnait pas. Ils ont du être élevés avec le respect du professeur qui donne le Savoir ;-)

Au final, je dirais que ces cours peuvent être intéressants comme introduction au sujet concerné seulement ou comme une manière d'enrichir sa culture générale. En tous cas, ça m'a donné envie d'aller fureter dans les bouquins pour en savoir plus sur la conquête nord-américaine et les pionniers américains ainsi que... de retourner sur les bancs de l'école mais ça c'est mon éternel "problème" :-D

La prochaine fois, il faudrait peut-être que je prenne une thématique qui comporte plus de cours afin de mieux faire le tour de celle-ci.

Ma note pour ces cours à La Sorbonne : 6/10.

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mardi 8 mai 2007

Dépouillement des élections présidentielles

Pour la première fois, j'ai participé aux dépouillements des bulletins de votes lors des 2 tours des élections présidentielles de 2007.

J'avais entendu la présidente du bureau de vote duquel je dépends demander à diverses personnes s'apprêtant à voter si elles étaient "disponibles ce soir pour nous aider au dépouillement".

Cette question m'avait intrigué car je ne savais pas que c'était quelque chose qu'on demandait à tout le monde. Je pensais qu'il s'agissait toujours de personnes de la mairie ou autre.

En attendant mon tour de voter, je me suis donc posée la question de savoir si ça me dirait de le faire. Je ne savais pas trop en quoi ça consistait exactement et s'il fallait être bon en calcul mental ou quoi, moi qui ne suis pas matheuse pour un sou !

Finalement, j'ai osé : j'ai demandé si la proposition que la présidente faisait tenait toujours, elle m'a répondu "oui, bien sûr" ou quelque chose dans le genre, avec un sourire radieux, heureuse certainement d'avoir trouvé une recrue :-D et m'a demandé de laisser ma carte d'identité. Wow je ne savais pas que c'était aussi "cadré" : laisser ma carte d'identité...

J'étais en tous cas contente de ne pas avoir eu "d'urne électronique" car l'urne "traditionnelle" me renvoie quelques années auparavant, lorsque j'étais plus jeune, que je votais pour la première fois ou lorsque j'accompagnais ma mère et aussi parce que je me disais que ce serait certainement la dernière fois que je votais de cette manière, pour une élection présidentielle en tous cas.

D'ailleurs, pour ouvrir une urne "traditionnelle", doublement cadenacée, il faut apparemment réunir deux personnes (la présidente et quelqu'un d'autre mais qui ?).

Rendez-vous à 19H45 pour le dépouillement, ça y est, je suis officiellement partie dans cette nouvelle "galère" :-D .

L'heure arrive et j'entre à nouveau dans le bureau de vote ; j'attends sur un banc et je vois défiler les retardataires qui arrivent vraiment mais alors vraiment à la dernière minute pour voter ! Jusqu'à 20h pile !

A 20h pile donc, c'est la fermeture des portes. C'est à ce moment-là que nous entrons en scène, en action.

Nous étions une quinzaine de personnes, qui, pour les 3/4 n'avions jamais fait de dépouillement d'ailleurs.

Une personne nous indique qu'il y a des petits biscuits, du café et du jus d'orange à notre disposition, ce que j'ai trouvé sympathique, accueillant, même si je n'ai rien consommé.

Une certaine chaleur se dégageait. Tout à coup, je me sentais un peu comme en province, d'où je viens, où les relations sont légèrement moins froides qu'à Paris, globalement.

On nous informe qu'on doit se mettre 4 par table et pas plus, c'est réglementé (oh là là :-D ). Je me pose donc là où je peux de sorte à être sûre de faire le dépouillement si jamais nous sommes trop et effectivement nous l'étions, un homme est donc parti de lui-même.

On nous a ensuite expliqué comment les choses allaient se dérouler et qu'on avait 1h30 pour finir, ce qui devait parfaitement convenir.

Chaque personne a une fonction :

- 1 personne dépouille les bulletins, le donne à la personne suivante et range les enveloppes

- 1 personne lit et prononce à haute voix le nom du candidat

- 2 autres, qui ne doivent pas être assis en face ni à côté, elles doivent être "croisées" afin de ne pas copier sur l'autre, notent les résultats obtenus sous la forme de petits bâtons (et oui !) par dizaine, sur une feuille officielle et par lot de 100 bulletins.
1 enveloppe distribuée = 100 bulletins sauf à la fin bien sûr car le nombre de bulletins ne tombe pas toujours juste :-D

En fait, l'heure et demie passe vite !

L'ambiance est détendue, chacun est content d'être là puisque c'est du volontariat, on papote un peu, on compte et recompte les bulletins, on commente les bulletins : ceux qui sont en double, ceux qui sont invalides ("nuls"), on lit les petits mots écrits par les électeurs sur le bulletin, on commente la montée de tel ou tel candidat, etc.

J'ai appris qu'il y avait plusieurs types de bulletins nuls : 2 candidats différents dans la même enveloppe (car 2 identiques compte comme un bulletin valide mais un seul donc pas la peine d'en mettre plusieurs !), un mot manuscrit, une feuille de couleur, tout signe de reconnaissance sur le bulletin ou l'enveloppe, une enveloppe vide, etc. Il existe 13 raisons en tout de nullité de bulletin.

Lors du premier tour, je suis tombée sur une table qui n'avait pas eu beaucoup de bulletins nuls. Au second tour, en revanche, il y en eu davantage (à ma table toujours) : enveloppes vides, petit mot d'un "bayrouiste" déçu et multiples candidats dans une même enveloppe.

Pourquoi est-ce que je précise tout cela ? Car pour chaque bulletin nul, nous 4 (à la table) devions noter le numéro de l'invalidité (de 1 à 13 donc) et signer sur l'enveloppe ! D'ailleurs, j'ai vu qu'ensuite notre nom apparaît officiellement sur certains papiers précisant que nous étions les personnes présentes aux tables en question, wow ça ne rigole pas donc ;-)

Conclusion : plus il y a de bulletins nuls, plus notre temps de dépouillement s'allonge...

Au niveau de l'annonce des résultats, le bureau de vote dans lequel j'étais fermant à 20h, heure exacte à laquelle les résultats (partiels certes mais quasi définitifs on peut dire) sont annoncés, j'ai trouvé que c'était une sensation bizarre que de dépouiller en connaissant déjà le(s) gagnant(s). On se demande un peu si ça sert encore à quelque chose... Pour le second tour, idem, avec le sentiment que la situation est encore plus caucasse !

Je trouve que tous les bureaux de vote de toutes les villes devraient fermer à 17h ou 18h et que l'on donne les tendances dès qu'on les a, au lieu de couper encore la France en deux : ceux qui vont voir sur les médias étrangers (internet, tv, amis journalistes, etc.) et ceux qui attendent la proclamation officielle des résultats. A quoi bon faire de la rétention d'information ? Ou alors, on bloque toute fuite d'information aux bureaux de votes pour donner réellement l'exclusivité (et l'effet de surprise entier) des résultats de 20h.

Voir débarquer au "QG" de Nicolas Sarkozy bien longtemps avant l'heure Johnny Hallyday et toutes les stars, amis politiques, sourires aux lèvres, joie et bonne humeur présentes... rien qu'avec ça on savait qu'il était gagnant mais surtout ça veut bien dire que toutes ces personnalités sont allées consulter les résultats à l'étranger, eux, donc pourquoi ne pourrions-nous pas tous les connaître en même temps ?

A la fin du dépouillement, tous les résultats des tables sont donnés à la présidente et comptabilisés. Si l'on reste quelques minutes de plus, comme je l'ai fait, on peut donc assister en direct à la proclamation des résultats de son bureau de vote. En ce qui concerne le mien, il était pour Ségolène Royal, "Ségo", aux deux tours, surtout au deuxième.

Prochaine échéance : le 10 juin pour les élections législatives, je ne sais pas si je serai encore de la partie pour le dépouillement... on verra le moment venu !

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lundi 19 mars 2007

Découvrir le métier de libraire indépendant

En ce samedi après-midi, nous étions attendus à la Librairie des Orgues, située au 87 avenue de Flandre, dans le 19e arrondissement de Paris, pour une visite des "coulisses" d'une librairie indépendante.

Une dizaine de chaises, un accueil chaleureux avec café, jus de fruits, eau et petits gâteaux pour tout le monde et le sourire de la libraire, Rosa :-)

Rosa nous présente sa librairie, qu'elle a depuis 5 ans mais qui existe depuis 30 ans. La Librairie des Orgues vend également un peu de papeterie et des cartes postales, sur lesquelles nous reviendront plus tard... Elle est divisée en plusieurs rayons : sciences humaines, jeunesse et littérature.

Rosa nous a expliqué vraiment beaucoup, beaucoup de choses et il m'est difficile de me souvenir par quel bout elle a commencé ! Mais voici les grands points abordés :

- La formation des libraires : je n'étais pas au courant mais être libraire ou employé en librairie ne "s'invente pas" ! Et non, il y a une formation de deux ans à suivre, après un DEUG ou une licence en général. En fait, même la FNAC apporte une formation équivalente à la formation publique. Il paraît qu' il s'agit bien souvent d'étudiants qui ne veulent pas être prof, ni chercheur, traducteur, etc. et qui se dirigent donc vers une autre voie... On retrouve même des employés de librairies ayant un doctorat en poche par exemple :-o

Il existe donc à la Librairie des Orgues (comme apparemment dans les autres librairies indépendantes), un employé spécialisé dans un rayon, au regard de sa formation (au cours de laquelle il aura choisi son domaine de prédilection).

J'avoue avoir été surprise par ce point car jamais je n'ai eu l'impression que les employés de librairie ou de la FNAC dans mon cas, étaient "particulièrement calés", se contentant d'interroger l'ordinateur lorsque je demande une référence ou quelque chose comme ça... Bizarre donc, il faudrait que j'essaye de les titiller un peu plus la prochaine fois, pour voir un peu ce qu'ils peuvent m'apporter de plus.

- La loi Lang, concernant le prix unique du livre, a bien aidé les libraires indépendants mais n'est pas respectée partout.
Si on prend l'exemple de la FNAC, jusqu'à décembre 2006, elle proposait d'avoir une réduction de 5% sur les livres achetés dans ses magasins ! Moi, en tant que consommatrice, franchement, je trouvais ça bien et c'est vrai que je ne pensais pas du tout au fait que les petits libraires ne pouvaient pas offrir une telle remise à leurs clients.

Deuxième exemple, celui d'Amazon France (ah ah ah, là on s'attaque vraiment à mon "libraire" préféré !). Et bien je ne savais pas que lui aussi enfreignait la loi ! Sauf que c'est pire que la FNAC puisqu'il continue non seulement à offrir la remise de 5% à ses clients mais qu'en plus il propose la livraison gratuite pour les livres ! Encore une fois, en tant que consommatrice, je trouvais ça super bien ! Mais lorsque Rosa, la libraire, nous a expliqué qu'ils étaient totalement hors la loi et qu'en plus les libraires indépendants avaient intenté un procès à Amazon France (qu'ils devraient gagner au moins partiellement, pour supprimer la remise des 5% par exemple) et bien ma vision du géant du commerce électronique a commencé à changer... J'étais un peu complice de la "mort" à venir des petits libraires ! Et pas seulement moi apparemment ;-)

- Question soulevée : le livre devrait-il continuer à être vendu en supermarché ? Plus particulièrement, nous avons évoqué le cas des supermarchés Leclerc qui, il est vrai, ont tout un rayon dédié aux livres, parfois même le rayon est un peu "en dehors" du magasin, différencié du reste je veux dire. C'est vrai qu'on peut se poser la question de la concurrence aux petits libraires dans ce cas-là...
Je ne parle pas des supermarchés qui ont un petit rayon livres très sommaire et comportant seulement quelques poches, quelques BD, quelques Arlequin et livres de Pierre Bellemare ;-)

- Rosa nous a présenté les 5 principaux éditeurs sur le marché français mais franchement je ne me souviens plus de leurs noms !

- Le choix des livres mis en avant est bien différent dans une grande enseigne comme la FNAC et un libraire indépendant : en gros, les éditeurs vont les "pousser" à mettre tel ou tel livre sur les tables et la fréquence de rotation est plus grande : peut-être un mois et encore.
Un libraire indépendant peut, au contraire, choisir de laisser certains livres plus longtemps sur les tables s'ils correspondent à l'actualité par exemple ou s'ils se vendent bien et évite au maximum d'être influencé par les éditeurs quant aux livres à mettre en avant.
Encore plus fort, je dirais même car Rosa nous a expliqué qu'à la Librairie des Orgues tous les livres présentés sur les tables ont été lus et "approuvés" pour leur qualité par au moins un employé ! Même les livres de jeunesse et les BD :-o Alors là, vraiment, quel étonnement ! Ca explique en fait pourquoi on trouve des livres "sortis de nulle part" sur les étalages des librairies, alors même que l'on revient de la FNAC... Je pensais vraiment que tout était selon les sorties de nouveaux livres et punto ! Ma vision du métier continuait de changer petit à petit et je me disais que j'allais voir les rayons d'un autre oeil la prochaine fois...

- La partie "indigeste" du métier au niveau du temps passé et de sa complexité est la gestion : gestion des frais de livraison, des retours, des stocks, de la logistique, quoi. En outre, il faut constamment négocier avec les éditeurs ou les représentants pour essayer d'avoir au final de toutes petites remises bien méritées.
C'est pour cela que Rosa nous expliquait que les matins étaient généralement dédiés à ces tâches : réception des livres, gestion des stocks, accueil des représentants, etc.

- Au pays des "mauvais élèves" je retiendrai le cas de Taschen qui sort un livre et 3 mois plus tard n'hésite pas à le mettre en vente chez un "soldeur"... en aussi peu de temps, comment le petit libraire peut-il rivaliser au niveau des prix ? Tout simplement, il ne peut pas. 3 mois, c'est trop court pour "solder" un livre.

- Même pour le loyer d'une librairie il fau(drai)t pouvoir négocier, ce qui est difficile lorsqu'on ne s'appelle pas Mc Do ou autres...

- Les horaires de libraire indépendant sont souvent lourds : 10h - 20h par exemple, 6 jours sur 7, pour essayer d'être rentable ! Certains libraires travaillent même le dimanche, c'est pour dire.

- Les libraires indépendants sont nombreux mais assez mal organisés pour le moment, ce qui leur est préjudiciable mais "tout" va changer bientôt, lorsqu'ils lanceront leur super-portail-dédié ! Wow, j'ai hâte de voir ce que ça va donner. Apparemment il y a aura de la géolocalisation pour trouver les libraires indépedants de votre quartier et on pourra commander/réserver un livre en ligne et le retirer au magasin. Bon, il faut voir, quoi.

- Egalement, je ne le savais pas mais il existe un magazine des "livres lus et conseillés par les libraires" et qui s'appelle PAGE. Vous pourrez le trouver... chez votre libraire, of course !

- Concernant la répartition des prix des livres, Rosa nous a donné l'exemple suivant : sur un livre qui coûterait 10 euros, 1 euro serait reversé à l'auteur (quoi ? Seulement ?!), 3 euros seraient pour le libraire (!) et le reste serait divisé entre la distribution, l'éditeur, etc. Bon, ben au moins je sais maintenant que ne dois pas espérer m'enrichir en écrivant et publiant un livre :-o

Donc, imaginez ce que peut gagner un libraire sur le prix... d'un livre de poche ! Et oui, en ce qui me concerne, ce n'est pas que je préfère les livres de poche mais pire que cela, je n'achète quasiment que ça ! Les livres brochés sont, à mon goût, trop grands et chers. Quelle honte pour moi, me direz-vous... peut-être mais je pense que beaucoup de personnes de ma génération et de celles qui la suivent pensent de la même manière malheureusement. La solution serait, pourquoi pas, de proposer des livres brochés moins grands, plus transportables dans les transports et tout. Un peu comme les magazines (féminins souvent) qui proposent une grande version (la version "normale" on va dire) et une version réduite ! C'est le cas, de tête, du magazine Psychologies par exemple.

En tous cas, j'ai appris qu'un éditeur n'était pas du tout obligé de sortir une version poche d'un livre broché, mince alors :-( moi qui attend justement la sortie de la version poche d'un livre avant l'acheter.

- Quelle ne fut encore ma surprise lorsque j'ai appris que Rosa, ma libraire donc, faisaient plein de choses : participation à un magazine (PAGE, donc), émission TV, radio et elle continue malgré tout, comme tous les libraires et employés de librairie (normalement en tous cas) à se former en lisant, afin de pouvoir renseigner les clients/lecteurs. Pffff, 24h par jour, est-ce suffisant ?

- Un point "social" que je n'aurais pas pu soupçonner non plus : les élections présidentielles influent sur la fréquentation des librairies :-o Wow ! En fait, quand on y réfléchi, c'est assez logique : on nous abreuve d'émissions dédiées sur le sujet à la télévision, dans la presse, sans compter les loisirs habituels, résultat : le temps n'est pas extensible, il faut choisir et donc les gens vont moins dans les librairies en ce moment.

- La presse gratuite. Ah là là, la fameuse presse gratuite embette les libraires indépendants car depuis, les gens, vous et moi, avons pris la (mauvaise) habitude d'avoir de l'information sans payer, via 20 Minutes, Métro, Direct Soir et consorts. Sans compter l'aspect web : de nos jours, il est facile de s'informer grâce au Net, gratuitement.

- Quid également de l'avenir de la profession avec l'arrivée prochaine des livres numériques ?

- Les cartes postales vendues à la Librairie des Orgues, dont je vous avais parlé au tout début, est un point important à noter car Rosa nous a expliqué qu'il s'agissait de cartes postales qu'on ne trouverait pas partout, pour ne pas dire nulle part... Pourquoi ? Car il s'agit d'un photographe indépendant qui fait lui-même ses cartes postales, les imprime et tout ! La libraire préfère proposer ce genre de produits afin de mieux rémunérer les photographes, sans passer par des intermédiaires donc. :-o
Toute une éthique ! C'est comme manger bio en quelque sorte :-D

Au final, la vie de libraire est vraiment différente de celle que je croyais, il ne s'agit pas de lire des livres toute la journée et c'est tout, non, loin de là. Etre libraire, c'est apparemment toute une éthique, je le répète, un choix de vie parfois (souvent ?) difficile mais qui permet au libraire de vivre en accord avec lui-même, avec sa conscience. Cette visite m'aura en tous cas permis de me rendre compte de tout ça et du fait qu'il faudrait que j'essaye d'aller plus souvent en librairie plutôt qu'à la FNAC...

Il y a aussi beaucoup de négociations, de relations à connaître entre les différentes intervenants. Rosa nous expliquait à ce propos qu'une réduction du nombre d'intervenants était inévitable pour baisser les prix facturés (au libraire je pense pas au consommateur, enfin je ne sais pas) et sauver la profession.

N'espérez pas non plus devenir "riche" car ce n'est apparemment pas du tout le cas : entre le loyer (exhorbitant à Paris, en plus), les salaires des employés et le fonds de livres, il vous restera tout juste de quoi vivre et ajouter un tout petit morceau de beurre (ou de margarine...) dans vos haricots !

Ma note pour cette sortie : 10/10 !

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