G testé...

mercredi 27 juin 2007

Kings of the world

J'avais vu le résumé puis la bande-annonce de ce film/documentaire, Kings of the world et j'étais très enthousiaste à l'idée d'aller le voir.

Seulement voilà, il n'était à l'affiche que dans deux salles à Paris, toutes deux dans le 6e arrondissement. Je me demande d'ailleurs pourquoi ce documentaire n'était projetté que dans deux salles vu son intérêt et sa qualité !

Le thème du film était l'influence des Etats-Unis sur le monde, selon les Américains eux-mêmes.

Le but d'un des réalisateurs, Rémi Rozié, était de faire parler ceux qui n'ont jamais la parole pour ce genre de questions, c'est à dire les Américains lambdas, tout un chacun donc et il a choisi pour cela d'aller à la rencontre de plus de 170 personnes, de manière fortuite, en 2004 (avant, pendant et après les élections présidentielles), pour discuter avec celles qui le souhaitaient (apparemment certains échanges duraient plus d'une heure, selon Mr Rozié).

Les réalisateurs (Rémi Rozié mais aussi Valérie Mitteaux et Anna Pitoun) ont choisi l'ouest des Etats-Unis car apparemment c'est là où se trouvait le côté pionnier, le Far West, les Etats-Unis mythiques.

"Nous" sommes donc allés à la rencontre de différentes personnes, qui rentraient toutes dans un schéma caricatural, malgré elles : une serveuse dans un casino, une famille mixte, un artiste danseur, un employé de zoo, des Bikers, une femme noire policier, etc.

Certains étaient très défenseurs de George W. Bush et d'autres semblaient plutôt critiquer sa politique. Peut-être est-ce parce qu'ils étaient plus virulents dans leurs propos (je pense au cow-boy et aux Mormons), j'ai surtout retenu les pro-Bush.

J'ai trouvé les personnes interviewées assez ouvertes par rapport au fait que le documentaire était tourné en 2004, c'est à dire lorsque les relations France/Etats-Unis étaient assez froides ("Freedom fries" au lieu des "French fries"...). Il n'y a pas eu d'agressivité apparente, fait confirmé ensuite par le réalisateur présent ce soir-là pour débattre à la fin de la séance.

Il expliqua que lui et ses deux acolytes françaises elles aussi, s'étaient préparés au pire : qu'on leur casse le matériel, qu'on les traite de tous les noms... mais il en fut tout autrement.

Ce que j'ai appris grâce à ce documentaire :

- Les Américains sont bel et bien incroyablement Fiers d'être Américains et aimaient à le montrer par diverses formes (discours, drapeau sur le camping-car, la maison, etc.).

- Certains sont plus ouverts d'approche qu'on pourrait le croire (les Bikers par exemple).

- Ils ont apparemment un niveau de culture et de connaissance de l'actualité mondiale moindre qu'en Europe.

- Certains se rendent compte de l'influence américaine à travers le monde mais surtout d'autres n'en ont pas du tout conscience.

- Certains pensent que les Etats-Unis ont le meilleur système du monde, qu'ils sont les meilleurs et que leur rôle est d'être les gendarmes et les sauveurs du monde (ça me rappelle le titre d'un livre : Les Etats-Unis, gendarmes du monde. Pour le meilleur et pour le pire). Problème : c'est selon leur idéologie qu'ils agissent... Exemple de l'Irak : officiellement, le but est/était de sauver les Irakiens de leur dictateur...

- La vie aux Etats-Unis est bel et bien dure : avoir deux jobs pour payer le dentiste à sa fille, nous expliquait la serveuse de casino par exemple ou beaucoup travailler pour peu d'argent gagné (un autre cow-boy) ou encore la difficulté à inciter les gens à donner de l'argent (dans le cas de l'artiste danseur).

- On voit quelques drôles de personnages au début et à la fin du film, je me suis demandée si cétait un pays peuplé de nombreux fous, de personnes ayant besoin d'aide psychologique, comme dans de nombreuses grandes villes, comme à Paris où il n'est pas rare de croiser des personnes parler dans le vide... La concentration massive d'hommes et en même temps l'individualité est certainement le fait de cela aussi.

- Les armes, toujours les armes, le culte des armes, depuis tout petit !

- L'importance de la religion : on a vu des Mormons et une famille catholique ou protestante mais tous très croyants.

- Le titre du film, Kings of the world, est évoqué dans le documentaire : quelqu'un nous parle d'un jeu d'enfants qui s'appelle "King of the hill" où le but est apparemment d'arriver au sommet... on comprend mieux le titre.

A la fin du film, il y eut donc un débat en présence de Rémi Rozié (réalisateur du film), un haut placé Américain (William Owen, je pense, premier secrétaire aux Affaires politiques de l’ambassade des Etats-Unis en France, selon le site officiel du film), un Français mais je ne sais pas s'il s'appelle Jacques Andréani, ancien ambassadeur de France aux USA car on n'aurait pas dit mais bon :-D et un caméraman.

Rémi Rozié
Rémi Rozié, un des réalisateurs

Le débat portait sur l'Europe vs les Etats-Unis. J'ai posé quelques questions, restées parfois sans réponse car personne ne savait quoi répondre malheureusement et je m'en suis posées d'autres sans les divulguer, par manque de temps ou car je n'ai pas osé tout simplement. Parmi mes questions posées ou non :

- Comment ont été sélectionnés les intervenants ? Réponse du réalisateur : au hasard des rencontres donc plus quelques contacts. Sur les 170 personnes interviewées, 50 ont été gardées mais justement comment ont-il fait la sélection, selon quels critères ? Car on ne voit pas 50 intervenants dans le documentaire.

- Le concept de liberté ("freedom") revient souvent : pourquoi est-il autant exprimé chez eux ?

- Pourquoi est-ce que les Américains sont-ils si fiers d'être Américains ? Et pourquoi le montrent-ils autant ? Est-ce du à l'éducation (le serment d'allégeance prononcé chaque matin par les enfants à l'école par exemple, en tous cas c'est ce que je voyais à la télévision lorsque je regardais des séries américaines pour ados) ? Contrairement à la France ou plus globalement à l'Europe où même si chacun est fier de sa nationalité, il ne le montre pas, ça passerait même parfois pour du nationalisme...

A cette question, l'ambassadeur n'a pas pu me répondre malgré quelques secondes de réflexion et a terminé en disant qu'il s'agissait d'une très bonne question :-)

Je pense qu'un ou plusieurs éléments de réponses existent pourtant quelque part... mais personne ne savait... donc si quelqu'un lit ces lignes et connaît la ou les réponses ;-)

- Pourquoi est-ce que les Américains sont si coupés du monde dans le sens où ils ne s'intéressent pas, apparemment, à ce qu'il se passe en Europe (sans parler de l'Afrique !) : est-ce par patriotisme ? Un patriotisme excessif ? Ou est-ce par simple désintérêt car après tout ils se suffisent à eux-mêmes pour vivre ?

Idem, personne n'a pu me répondre alors que je pense qu'un spécialiste d'histoire, de politique, de géopolitique ou de sociologie peut-être pourrait m'en dire plus :-(

- Est-ce que les médias n'ont pas leur part de responsabilité ? Parce qu'après tout, on n'est, grosso modo, amenés à connaître que l'actualité que les médias veulent bien nous faire savoir... donc les médias américains sont-ils trop nombrilistes de fait ou par conséquence ?

Ce qui me fait un peu peur d'ailleurs c'est que ce côté-là arrive en Europe, comme souvent ce qui se passe aux Etats-Unis termine sa route un jour ou l'autre chez nous.

- L'esprit Pionnier existe toujours pour certains : comment ça se fait ?

- Est-ce que leur optimisme vient de cet esprit pionnier qui perdure et s'est peut-être transmis de génération en génération ? Puisque les personnes interviewées sont de l'ouest des Etats-Unis.

- Les Américains défendent beaucoup leur pays mais pourquoi une telle union du discours (ou sentiment d'union) alors qu'il y a tant de différences sociales et économiques pour chacun dans les faits ?

- Les Américains croient avoir le meilleur niveau de vie et système : est-ce l'optimisme qui fait qu'ils pensent cela ? Le patriotisme ? L'aveuglement ? L'ignorance ? L'innocence ?...

- Les Américains sont toujours optimistes malgré les problèmes qu'ils peuvent rencontrer, à la différence des Français. Ils gardent toujours l'espoir, quelque part, qu'un jour ils décrocheront le gros lot ou réaliseront leur rêve le plus fou. Est-ce à dire que les Français sont plus pragmatiques ou est-ce la culture qui veut ça ? Ou encore le résultat du système économique qui fait qu'aux Etats-Unis on peut devenir "roi" de son secteur en quelques temps alors qu'en France, il faut les diplômes, les relations, la bonne tête, couleur de peau, etc. ? Bref un parcours du combattant qui empêche l'illusion.

Bref, je me suis posée beaucoup de questions après ce documentaire ;-)

Site officiel

Ma note pour cette sortie : 9/10.

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samedi 23 juin 2007

L'année où mes parents sont partis en vacances

"L'année où mes parents sont partis en vacances" est d'un film brésilien de 2006 dont l'histoire se déroule en 1970, à Sao Paulo.

Les parents de Mauro, un enfant de 12 ans, partent officiellement "en vacances" mais en fait ils fuient le régime de la dictature car ils sont militants de gauche.

Ils déposent donc Mauro devant l'immeuble de son grand-père afin qu'il le recueille en attendant leur retour. Oui mais voilà, il se trouve que ce dernier vient de décéder d'une crise cardiaque et personne n'est encore au courant.

Personne, sauf le voisin du grand-père, qui se prénomme Shlomo. Shlomo est un juif d'un certain âge, qui vit seul et qui décide de prendre le petit Mauro le temps de trouver une solution auprès du rabbin et de la communauté juive.

Lorsqu'ils apprennent que Mauro est un "goy" (un non juif), contrairement à son défunt grand-père, ils ne savent plus quoi faire de lui...

Il faut savoir que les parents de l'enfant lui ont dit qu'ils seraient de retour "pour la Coupe du Monde" (de football).

Mauro, comme tous les enfants du Brésil, est passionné de football et rêve de devenir gardien de buts.

Son contact avec Shlomo, déjà assez froid, s'est dégradé depuis qu'il sait qu'il n'est pas juif d'autant plus que cette boule d'énergie perturbe les habitudes de vie de ce grand-p&eagrave;re.

Mauro décide donc d'investir l'appartement de son grand-père, qui vivait seul aussi, livré à lui-même.

Au bout de quelques temps, il arrive à se faire des amis de son âge et s'intègre petit à petit à la communauté juive du quartier.

Tout va pour le mieux à part la tristesse qui point son nez de temps en temps face à l'absence inexpliquée, pour lui, de ses parents.

C'est enfin le jour J : le lancement de la Coupe de Monde de football 1970. Mauro est tout excité : il a revêtu son maillot de foot numéro 10, celui de Pelé je crois et a préparé sa valise.

Tout en suivant les matches de football, entre deux actions, il regarde à la fenêtre, scrutant chaque voiture en attendant de voir celle de ses parents qui avaient promis de revenir "de vacances" pour la Coupe du Monde.

La déception de Mauro est grande lorsqu'il réalise que ses parents ne viendront pas le chercher et cette déception se transforme alors en colère, en rage.

Le Brésil a gagné la finale de la Coupe du Monde ! Malgré cette bonne nouvelle pour tout passionné de football, ce n'est pas le plus important...

Grâce à Shlomo, qui a beaucoup fait pour retrouver la trace de ses parents, en passant par un réseau "underground" de militants de gauche et à ses risques et périls vu le régime en place, Mauro retrouve enfin sa mère, étendue sur un lit, visiblement fatiguée par les épreuves qu'elle a subies (mais nous ne savons pas lesquelles exactement).

Le petit est très content et demande à sa mère où se trouve son père. On comprend qu'il est décédé mais celle-ci lui répond que son père arrivera, comme toujours, en retard... (Quelle poésie ! Wow!).

Le retour de sa mère signifie pour Mauro la fin de son séjour auprès de Shlomo, de la communauté juive, des amis qu'il s'est fait, etc.

Et voilà comment s'est passé son année 1970... nous dit-il à la fin. L'année où ses parents sont "partis en vacances"...

Le début du film commence sur plan du jeu de football (genre de Subbuteo) de Mauro, chez lui. Plus précisément, la caméra nous montre le gardien de buts et Mauro explique que le poste de gardien est le seul où le joueur reste seul durant le match... Mauro se retrouvera justement tout seul pendant longtemps en attendant ses parents et se découvrira une vocation de gardien de buts...
A la fin du film, il nous raconte d'ailleurs que son père l'imaginait gardien de buts...

Cet acteur, Michel Joelsas, est d'ailleurs formidable. Il a non seulement "une bonne bouille" mais en plus il a, je trouve, une capacité importante à faire passer ses émotions, montrer ce qu'il ressent, que ce soit de la malice, de la joie ou des ressentiments, de la colère ou de la peur. C'est peut-être pour cela qu'il a été choisi parmi un casting de 1000 enfants !

"O ano em que meus pais saíram de férias", de son titre original, est un très joli film, encore une fois.

J'ai l'impression que les films latinos ont "une âme" : ils dégagent quelque chose de différent par rapport aux films américains ou français que j'ai vus jusqu'à présent (je précise). Ce sont des films qui ont une subtilité réelle, une simplicité, un naturel que j'aime et des plans d'images dignes d'être des photos dans bien des cas. Les sentiments sont davantage mis en avant et la beauté des langues latines nous transporte encore plus. C'est donc joli visuellement, auditivement et émotionnellement.

J'ai également l'impression que les thèmes traités sont bien plus originaux que nos films du box office. Ca change vraiment, quoi ! En outre, bien souvent ce genre de films permet d'en apprendre plus sur la culture d'un peuple, d'un pays ou d'un événement de l'histoire vécu par un angle de vue particulier (ici la dictacture au Brésil en 1970). On en sort donc plus riche à chaque fois, c'est en tous cas la sensation que j'ai quand je sors de la salle de cinéma :-)

PS : il faut vraiment que j'aie une carte d'abonnement MK2/Gaumont !

Site officiel

Ma note pour cette sortie : 10/10

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Azul

Le titre original de ce film espagnol est "Azul oscuro casi negro".

"Azul", titre pour la France donc, raconte l'histoire d'un jeune homme, Jorge, qui suite à un accident cérébral de son père, passe une dizaine d'années à s'en occuper, le remplaçant également à son emploi de gardien d'immeuble.

Parallèlement à cet emploi, Jorge continue ses études et réussi à obtenir un diplôme en gestion et management des entreprises. Ceci aurait pu être la fin de la "galère" pécunière, vu que Jorge et son père vivent sur la pension de ce dernier mais non.

Au moment de chercher du travail, Jorge rencontre des obstacles à cause de son expérience comme gardien d'immeuble justement, qui ne "fait pas joli" sur son CV et le reclasse en queue de peloton des candidatures à chaque fois... Aurait-il étudié, essayé de s'en sortir, travaillé dur pour rien alors ? Est-ce que les choses sont inéluctables ?

A côté de cela, on nous montre le portrait de son frère aîné, Antonio, qui est en prison. A la différence de Jorge qui est quelqu'un d'honnête et d'intègre, on sent que son frère est plus enclin à la malice...

Un jour, lors d'une visite au parloir, Antonio demande à son frère de lui rendre un service "particulier" : lui acheter des anabolisants afin d'avoir plus de chances de rendre sa petite amie, Natalia, enceinte. C'est en prison qu'Antonio a rencontré Natalia. Celle-ci a déjà été victime de deux fausses couches par le passé et souhaiterais avoir un enfant avant d'atteindre l'âge limite d'une part ce qui lui permettrait en outre d'arrêter d'être persécutée par les autres prisonnièrse, puisqu'elle sera dans ce cas placée au service maternité de la prison.

Bien qu'il désapprouve cette décision, Jorge accepte de rendre ce service à son unique frère.

Quelques jours plus tard, Antonio est victime d'un malaise et est transporté à l'hôpital. Le verdict tombe : il est (ou est devenu ?) stérile pour plusieurs mois. Ses espoirs d'avoir un enfant avec Natalia s'écroulent alors mais il a trouvé une "astuce"...

Antonio décide de demander à son frère un nouveau service "particulier" : rendre Natalia enceinte à sa place ! Sinon, prétend-il, elle le laissera tomber avant qu'il ne soit guéri (soit dans un an environ) pour trouver un autre homme qui puisse lui faire un enfant.

C'en est trop pour Jorge qui refuse catégoriquement de rentrer dans ce petit jeu et trouve que son frère a vraiment perdu la tête. Devant l'insistance d'Antonio, Jorge accepte malgré tout, à reculons.

Seulement voilà, petit imprévu, au fur et à mesure des tentatives, Jorge et Natalia tombent amoureux...

C'est alors qu'Antonio entre à nouveau en scène : il vient d'obtenir une liberté conditionnelle. Il en profite pour revoir son père, toujours en fauteuil et n'ayant plus toute sa tête mais assez pour comprendre ce que souhaite Antonio : lui estorquer son argent placé en épargne.

Lorque Jorge apprend la nouvelle de l'existence de cet argent, lui qui a vécu toutes ces années avec peu d'argent, celui de la pension du père et s'occupant de ce dernier tout seul, n'ayant même pas les moyens de s'acheter des chaussures ou un costume pour se présenter aux entretiens d'embauche par exemple, il enrage devant l'égoïsme de son frère.

C'est à ce moment que Jorge apprend à Antonio qu'"il" sera père. J'ai trouvé que choisir ce moment paraît peu vraisemblable pour annoncer une telle information mais bon...

Lorsque Antonio rend visite à sa petite amie pour "fêter" la nouvelle au parloir intime, celle-ci lui annonce qu'elle est tombée amoureuse de Jorge...

Je redoutais la réaction qu'Antonio allait avoir : je pensais qu'il allait frapper son frère mais non. Il était bien entendu énervé mais il ne l'a pas frappé comme je le pensais.

Jorge emmène son amie d'enfance qui a été également sa petite amie de manière sporadique sur une colline depuis laquelle il voit la prison. Ils se sont aimés puis quittés de nombreuses fois durant des années et avaient repris leur relation mais sans grand succès car Jorge ne se sentait pas en phase avec elle, il se sentait être "inférieur" à elle et à son train de vie.

Il explique qu'il a enfin trouvé la personne qu'il lui faut, qu'elle au moins a besoin de lui, qu'il lui sert à quelque chose et qu'en plus elle attend un enfant de lui.

 

C'était à mon goût un bon film, au scénario original, sur l'exclusion sociale due à la différence, la précarité, la maladie, la culpabilité, la responsabilité mais je n'ai pas exactement compris, honte sur moi, pourquoi le film s'intitulait ainsi... Je pense que c'est à peu près comme dire que "tout n'est pas aussi rose qu'on pourrait l'imaginer"...

Site officiel français

Site officiel

Ma note pour cette sortie : 7/10

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vendredi 1 juin 2007

Héros fragiles

"Héros fragiles" est un documentaire d'Emilio Pacull qui revient sur les traces de la période du coup d'Etat du Chili, le 11 septembre 1973 (décidément les 11 septembre ne portent pas chance...), via l'évocation d'Augusto Olivares, oncle du narrateur/réalisateur puis se recentrant sur la personne de Salvador Allende, alors président de la République du Chili et de ses proches collaborateurs.

Salvador Allende était un socialiste d'un parti d'alliances de gauche et avait été élu démocratiquement en 1970 mais cela ne plaisait pas à tout le monde, notamment aux Américains apparemment qui redoutaient toute forme de socialisme qui pouvait, selon eux, se transformer en communisme...

Lors de coup d'Etat provoqué par l'armée chilienne, Salvador Allende s'est suicidé dans le Palais de la Moneda, alors bombardé et son tout proche collaborateur, Augusto Olivares, fit de même.

L'armée a apparemment décidé de "faire payer" les survivants qui soutenaient Salvador Allende en les torturant à mort. De nombreuses personnes sont d'ailleurs toujours portées "disparues" aujourd'hui, on ne sait pas ce qu'elles sont devenues, comment ni par qui elles ont certainement été tuées.

J'ai appris que les Etats-Unis avaient eu un rôle plus que douteux dans ce coup d'Etat donc et que certains avaient été torturés à mort ou avaient "disparu" pour avoir découvert ces faits justement (on nous parle de deux jeunes Américains dans le documentaire) et qu'aujourd'hui encore certaines personnes restent choquées. On peut prendre l'anecdote de la présidente actuelle du Chili, Michelle Bachelet, est elle aussi concernée par cette période trouble de l'histoire chilienne puisque son père, le général Bachelet a été torturé à mort durant cette période...

Je dois dire que j'ai trouvé ce documentaire assez difficile d'accès lorsqu'on ne connaît pas vraiment les événements survenus à cette période au Chili, ni les personnes dont on parle... mais bon, j'en suis ressortie avec l'impression d'en savoir plus qu'à mon arrivée dans le cinéma au moins :-D

Le fil conducteur du documentaire était le carnet d'Emilio Pacull, truffé de photos et écritures agrémentées de peinture, feutre, etc., ce qui rendait ce carnet très artistique et quelque part "interactif" ou peut-être pourrait-on dire qu'il était comme un trait d'union puisqu'il nous emmenait vers les différentes étapes du film. Enfin, le côté artistique fut amplifié à la fin lorsque la fille d'Emilio Pacull se mit à peindre par terre une fresque représentant une licorne que j'attribuerais au Palais de la Moneda mais je n'en suis pas sûre :-| .

Site officiel, photos et bande-annonce

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mercredi 2 mai 2007

Antônia

Dans le cadre du 9e festival du cinéma brésilien de Paris, je suis allée voir au cinéma L'Arlequin (76 rue de Rennes, 6e arrondissement de Paris), le film Antônia (en V.O. sous titrée), dont l'histoire est la suivante : à Sao Paulo, quatre filles noires de la banlieue tentent d'accomplir leur rêve : devenir chanteuses et pouvoir vivre de cette activité. Seulement voilà, dans cet endroit il faut faire face à de nombreuses difficultés pour atteindre ses objectifs...

Ce qui m'a étonné, c'est de voir autant de violence et de tristesse dans un film qui est censé prôner l'espoir, qu'on peut s'en sortir si on se bat.

En plus, je n'ai pas trop aimé le fait que les personnages aient eu énormément problèmes à affronter d'un coup : violence de la rue, pauvreté, homophobie, infidélité du conjoint, enfant non désiré par ce dernier, prison, etc. Comme si la réalisatrice d'Antônia, Tata Amaral, voulait nous montrer que pour "mériter" de s'en sortir, les personnages devaient en baver. Oui mais bon, je trouve qu'à cause de cela on perdait un peu le réalisme justement souhaité par la réalisatrice, jusqu'à la manière de filmer : façon "documentaire" disent les spécialistes. En effet, l'image bouge (trop) en même temps que les pas des personnages, le grain n'est pas toujours optimal, etc. J'ai donc constaté que je n'aimais pas vraiment ce genre de réalisation :-D

En revanche, une fois encore, ce type de cinéma met en valeur les émotions, les ressentis, les non-dits. Il y a tout un travail fait pour que le spectateur comprenne les personnages bien qu'ils soient loin de leur rélité et/ou de leur culture d'origine.

A la fin du film, Tata Amaral, qui était présente dans le cadre de ce festival, s'est exprimée afin de répondre aux questions (nombreuses d'ailleurs !) des spectacteurs. Parmi eux, on pouvait voir le réalisateur Patrick Braoudé au fait ;-) mais c'est normal car il est un des jurés de ce 9e festival du cinéma brésilien de Paris.

Ce qu'on a appris grâce à aux réponses de la réalisatrice :

- la réalisatrice est partie de fragments de sa vie pour l'histoire du film Antônia : elle aussi a eu un enfant jeune, son mari est mort alors que cet enfant n'avait que 3 mois et elle souhaitait travailler dans le milieu artistique, c'était son rêve. Ce rêve est partagé par les quatre personnages principaux qui souhaitent évoluer dans le monde de la chanson.

- afin de renforcer le côté documentaire qu'elle souhaitait faire passer, de nombreux dialogues n'ont pas été écrits mais improvisés par les comédiens qui connaissaient la trame de ce qu'ils devaient dire malgré tout.

- elle a fait un casting de 600 personnes environ pour trouver les actrices principales du film :-o qui sont toutes d'authentiques filles qui habitent en banlieue et chantent. Les autres acteurs sont également de vrais rappers, musiciens, etc.

- le film a été tourné en Super 16 mm : les spécialistes sauront de quoi il s'agit, moi non :-))

- ce film a donné lieu a une série télé au Brésil ! Et ce sont les actrices du film qui jouent dedans !

- les spectacteurs ont été étonnés par l'absence de la police d'une part (malgré la violence qui règne) et de structures d'aide d'autre part, au Brésil, pour les jeunes qui veulent s'en sortir en perçant dans le monde de la musique. Mais en fait, avons-nous de telles structures en France ?... L'absence de police s'expliquait par le fait que ces jeunes ne faisaient rien de répréhensible tout simplement !

- ce que voulait Tata Amaral c'était faire un film positif sur quatre filles noires vivant en banlieue, ce qui ne s'était jamais fait auparavant au Brésil, d'où le succès du film là-bas. Elle nous disait que d'habitude dans son pays, lorsqu'il y a des films avec des Noirs, ce sont systématiquement des films négatifs ou sur le crime.

- elle nous a expliqué qu'elle souhaitait mettre aussi en avant la question sociale au Brésil et le racisme fort qui existe là-bas (je ne le savais pas) et qu'en fait la couleur de peau est liée à la question sociale car quand on est Noir ou métisse au Brésil on est presque toujours pauvre à cause des barrières sociales (un peu comme en France avec les discriminations à l'embauche, etc.).

A la fin de la séance, nous étions invités à remplir un coupon, remis à l'entrée, pour donner notre "note" au film pour décerner plus tard le prix du public :-) Décidément on n'arrête pas de voter en ce moment :-))

Le coupon avait la forme suivante :

Voilà, je dois dire que c'était, de mémoire, la première fois que j'assistais à une séance où la réalisatrice était présente pour répondre aux questions et j'ai bien aimé cela car ça permet en effet d'avoir des explications lorsque l'on a un doute de compréhension sur une partie de l'histoire ou sur l'intention de l'auteur, ce qu'il a voulu mettre en avant, comment et pourquoi. Intéressant.

Ma note pour cette sortie : 7/10.

Site officiel du film

Site officiel de la série inspirée du film

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