mercredi 27 juin 2007
Kings of the world
Par Gtesté, le mercredi 27 juin 2007 à 23:37
Catégorie : Cinéma
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J'avais vu le résumé puis la bande-annonce de ce film/documentaire, Kings of the world et j'étais très enthousiaste à l'idée d'aller le voir.
Seulement voilà, il n'était à l'affiche que dans deux salles à Paris, toutes deux dans le 6e arrondissement. Je me demande d'ailleurs pourquoi ce documentaire n'était projetté que dans deux salles vu son intérêt et sa qualité !
Le thème du film était l'influence des Etats-Unis sur le monde, selon les Américains eux-mêmes.
Le but d'un des réalisateurs, Rémi Rozié, était de faire parler ceux qui n'ont jamais la parole pour ce genre de questions, c'est à dire les Américains lambdas, tout un chacun donc et il a choisi pour cela d'aller à la rencontre de plus de 170 personnes, de manière fortuite, en 2004 (avant, pendant et après les élections présidentielles), pour discuter avec celles qui le souhaitaient (apparemment certains échanges duraient plus d'une heure, selon Mr Rozié).
Les réalisateurs (Rémi Rozié mais aussi Valérie Mitteaux et Anna Pitoun) ont choisi l'ouest des Etats-Unis car apparemment c'est là où se trouvait le côté pionnier, le Far West, les Etats-Unis mythiques.
"Nous" sommes donc allés à la rencontre de différentes personnes, qui rentraient toutes dans un schéma caricatural, malgré elles : une serveuse dans un casino, une famille mixte, un artiste danseur, un employé de zoo, des Bikers, une femme noire policier, etc.
Certains étaient très défenseurs de George W. Bush et d'autres semblaient plutôt critiquer sa politique. Peut-être est-ce parce qu'ils étaient plus virulents dans leurs propos (je pense au cow-boy et aux Mormons), j'ai surtout retenu les pro-Bush.
J'ai trouvé les personnes interviewées assez ouvertes par rapport au fait que le documentaire était tourné en 2004, c'est à dire lorsque les relations France/Etats-Unis étaient assez froides ("Freedom fries" au lieu des "French fries"...). Il n'y a pas eu d'agressivité apparente, fait confirmé ensuite par le réalisateur présent ce soir-là pour débattre à la fin de la séance.
Il expliqua que lui et ses deux acolytes françaises elles aussi, s'étaient préparés au pire : qu'on leur casse le matériel, qu'on les traite de tous les noms... mais il en fut tout autrement.
Ce que j'ai appris grâce à ce documentaire :
- Les Américains sont bel et bien incroyablement Fiers d'être Américains et aimaient à le montrer par diverses formes (discours, drapeau sur le camping-car, la maison, etc.).
- Certains sont plus ouverts d'approche qu'on pourrait le croire (les Bikers par exemple).
- Ils ont apparemment un niveau de culture et de connaissance de l'actualité mondiale moindre qu'en Europe.
- Certains se rendent compte de l'influence américaine à travers le monde mais surtout d'autres n'en ont pas du tout conscience.
- Certains pensent que les Etats-Unis ont le meilleur système du monde, qu'ils sont les meilleurs et que leur rôle est d'être les gendarmes et les sauveurs du monde (ça me rappelle le titre d'un livre : Les Etats-Unis, gendarmes du monde. Pour le meilleur et pour le pire). Problème : c'est selon leur idéologie qu'ils agissent... Exemple de l'Irak : officiellement, le but est/était de sauver les Irakiens de leur dictateur...
- La vie aux Etats-Unis est bel et bien dure : avoir deux jobs pour payer le dentiste à sa fille, nous expliquait la serveuse de casino par exemple ou beaucoup travailler pour peu d'argent gagné (un autre cow-boy) ou encore la difficulté à inciter les gens à donner de l'argent (dans le cas de l'artiste danseur).
- On voit quelques drôles de personnages au début et à la fin du film, je me suis demandée si cétait un pays peuplé de nombreux fous, de personnes ayant besoin d'aide psychologique, comme dans de nombreuses grandes villes, comme à Paris où il n'est pas rare de croiser des personnes parler dans le vide... La concentration massive d'hommes et en même temps l'individualité est certainement le fait de cela aussi.
- Les armes, toujours les armes, le culte des armes, depuis tout petit !
- L'importance de la religion : on a vu des Mormons et une famille catholique ou protestante mais tous très croyants.
- Le titre du film, Kings of the world, est évoqué dans le documentaire : quelqu'un nous parle d'un jeu d'enfants qui s'appelle "King of the hill" où le but est apparemment d'arriver au sommet... on comprend mieux le titre.
A la fin du film, il y eut donc un débat en présence de Rémi
Rozié (réalisateur du film), un haut placé Américain
(William Owen, je pense, premier secrétaire aux Affaires politiques de
lambassade des Etats-Unis en France, selon le site officiel du film),
un Français mais je ne sais pas s'il s'appelle Jacques Andréani,
ancien ambassadeur de France aux USA car on n'aurait pas dit mais bon
et
un caméraman.

Rémi Rozié, un des réalisateurs
Le débat portait sur l'Europe vs les Etats-Unis. J'ai posé quelques questions, restées parfois sans réponse car personne ne savait quoi répondre malheureusement et je m'en suis posées d'autres sans les divulguer, par manque de temps ou car je n'ai pas osé tout simplement. Parmi mes questions posées ou non :
- Comment ont été sélectionnés les intervenants ? Réponse du réalisateur : au hasard des rencontres donc plus quelques contacts. Sur les 170 personnes interviewées, 50 ont été gardées mais justement comment ont-il fait la sélection, selon quels critères ? Car on ne voit pas 50 intervenants dans le documentaire.
- Le concept de liberté ("freedom") revient souvent : pourquoi est-il autant exprimé chez eux ?
- Pourquoi est-ce que les Américains sont-ils si fiers d'être Américains ? Et pourquoi le montrent-ils autant ? Est-ce du à l'éducation (le serment d'allégeance prononcé chaque matin par les enfants à l'école par exemple, en tous cas c'est ce que je voyais à la télévision lorsque je regardais des séries américaines pour ados) ? Contrairement à la France ou plus globalement à l'Europe où même si chacun est fier de sa nationalité, il ne le montre pas, ça passerait même parfois pour du nationalisme...
A cette question, l'ambassadeur n'a pas pu me répondre malgré
quelques secondes de réflexion et a terminé en disant qu'il s'agissait
d'une très bonne question 
Je pense qu'un ou plusieurs éléments de réponses existent
pourtant quelque part... mais personne ne savait... donc si quelqu'un lit ces
lignes et connaît la ou les réponses 
- Pourquoi est-ce que les Américains sont si coupés du monde dans le sens où ils ne s'intéressent pas, apparemment, à ce qu'il se passe en Europe (sans parler de l'Afrique !) : est-ce par patriotisme ? Un patriotisme excessif ? Ou est-ce par simple désintérêt car après tout ils se suffisent à eux-mêmes pour vivre ?
Idem, personne n'a pu me répondre alors que je pense qu'un spécialiste
d'histoire, de politique, de géopolitique ou de sociologie peut-être
pourrait m'en dire plus 
- Est-ce que les médias n'ont pas leur part de responsabilité ? Parce qu'après tout, on n'est, grosso modo, amenés à connaître que l'actualité que les médias veulent bien nous faire savoir... donc les médias américains sont-ils trop nombrilistes de fait ou par conséquence ?
Ce qui me fait un peu peur d'ailleurs c'est que ce côté-là arrive en Europe, comme souvent ce qui se passe aux Etats-Unis termine sa route un jour ou l'autre chez nous.
- L'esprit Pionnier existe toujours pour certains : comment ça se fait ?
- Est-ce que leur optimisme vient de cet esprit pionnier qui perdure et s'est peut-être transmis de génération en génération ? Puisque les personnes interviewées sont de l'ouest des Etats-Unis.
- Les Américains défendent beaucoup leur pays mais pourquoi une telle union du discours (ou sentiment d'union) alors qu'il y a tant de différences sociales et économiques pour chacun dans les faits ?
- Les Américains croient avoir le meilleur niveau de vie et système : est-ce l'optimisme qui fait qu'ils pensent cela ? Le patriotisme ? L'aveuglement ? L'ignorance ? L'innocence ?...
- Les Américains sont toujours optimistes malgré les problèmes qu'ils peuvent rencontrer, à la différence des Français. Ils gardent toujours l'espoir, quelque part, qu'un jour ils décrocheront le gros lot ou réaliseront leur rêve le plus fou. Est-ce à dire que les Français sont plus pragmatiques ou est-ce la culture qui veut ça ? Ou encore le résultat du système économique qui fait qu'aux Etats-Unis on peut devenir "roi" de son secteur en quelques temps alors qu'en France, il faut les diplômes, les relations, la bonne tête, couleur de peau, etc. ? Bref un parcours du combattant qui empêche l'illusion.
Bref, je me suis posée beaucoup de questions après ce documentaire

Ma note pour cette sortie : 9/10.






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qui sont toutes d'authentiques filles qui habitent en
banlieue et chantent. Les autres acteurs sont également de vrais rappers,
musiciens, etc.