This is England, un film dont les nombreuses campagnes d'affichage partout dans Paris ont eu raison de moi, est un film qui nous emmène découvrir
le monde des Skinheads dans l'Angleterre des années 80, en suivant
le petit Shaun, âgé de 12 ans.
J'ai trouvé ce film d'une bien jolie esthétique, encore une fois,
on aurait pu en faire des photos à de nombreuses reprises.
En plus de cela, il y avait de la poésie dans la manière de filmer,
couplée au choix de la bande sonore, qui aidaient à faire ressortir
les émotions.
Shaun le petit Anglais donc, est attachant, comme à chaque fois
que l'on met un enfant comme personnage principal, presque.
On apprend ou comprend en tous cas, que certains deviennent "skin"
car ils sont un peu paumés, ont perdu certains repères dans la
vie, ont eu un manque dans leur enfance et se réfugient dans ce "clan",
dans cette "communauté". Cependant, tous ne réalisent
pas toujours ce que ça sous-entend d'être "skin" et se
retrouvent dans des situations qui les dépassent et qu'ils pourront peut-être
regretter après...
Encore et toujours, ce fim a remporté de nombreux prix... je me demande comment ça se fait qu'il y ait autant de prix à attribuer !
Dans "Sicko", Michael Moore dénonce cette fois
le système de santé américain et je dois dire que...je
suis bien contente de ne pas être américaine et même,
je suis bien contente d'être française !
Ce documentaire est si triste. Ok, tout est orchestré dans le scénario
de Michael Moore, tout est fait pour mais il n'empêche que les faits sont
là : des personnes sont décédées. Et cela faute
de soin, alors qu'elles vivaient dans un pays civilisé, un pays riche,
la première puissance mondiale.
Ce n'est donc même pas la pauvreté du pays qui est en cause mais
la politique adoptée et la manipulation subie par le peuple
américain. On leur a tellement dit que leur système médical
était le meilleur (comme pour le reste d'ailleurs) et qu'un système
différent, dit "socialiste", qui impliquerait une solidarité
pour des soins gratuits ou presque, n'était pas bien car ce serait comme
un premier pas vers le socialisme et "donc" vers le communisme, qu'apparemment
ils ne peuvent pas en concevoir un autre.
Le spectre du communisme et de l'URSS est toujours bien présent
et tous (les lobbys, les responsables gouvernementaux, les gens intéressés
par l'argent...) font en sorte de rappeler constamment aux Américains
cette peur.
Comme le disaient certains intervenants : en France, l'Etat a peur du peuple
(de "la rue" comme on dirait plutôt ces temps-ci) alors qu'aux
Etats-Unis, c'est le peuple qui a peur du gouvernement. Et cela change
beaucoup de choses.
La question s'est souvent posée dans le documentaire de savoir si le
système américain pourrait changer pour devenir similiaire à
celui que l'on connaît en France grosso modo. Je pense que oui, un changement
s'effectuera certainement un jour mais non sans grands heurts, remouts, voire
une sorte de "révolution"... car le problème c'est qu'il
y beaucoup d'argent en jeu pour les compagnies d'assurances privées,
elles-mêmes prêtent à acheter le silence ou la voix d'une
personne politique influente.
Certes Michael Moore exagère certains points, notamment lorsqu'il
parle du système social français, "idéal" à
ses yeux mais ça fait partie de sa recette pour marquer les gens, faire
comprendre les idées essentielles, tout en faisant rire (et presque pleurer
!).
Je pense aussi qu'on ne peut peut-être pas comprendre que le système
social américain soit encore ainsi car on n'a pas la mentalité
américaine, l'éducation américaine et tout le contexte
culturel et social qui est autour (vivre tous les jours là-bas, être
influencé par les média, les discours politiques, etc.). On voit
tout cela depuis notre point de vue extérieur seulement et avec notre
bagage culturel.
Egalement, l'individualisme est tellement ancré dans la culture
américaine depuis presque le début de cette nation que le poids
du passé, du background, est peut-être difficile à
ressentir pour nous Français ou Européens plus largement.
Bref, il faut espérer que les Etats-Unis se doteront d'un autre système
de santé, similaire au nôtre, où l'on soigne tout le monde,
même les plus démunis, où l'être humain qui souffre
passe avant la question de l'argent.
Il faut aussi espérer qu'on pourra, nous Français, continuer
à profiter de ce système malgré le fameux "trou
de la sécu" et le président actuellement au pouvoir.
Enfin, j'ai apprécié le fait de pouvoir voir un peu les autres
systèmes sociaux : au Canada, en Grande-Bretagne et à Cuba. Dans
ce dernier pays d'ailleurs le système de solidarité est à
son plus haut point apparemment. "Normal" vu que la politique est
communiste et qu'ils n'ont pas tout le reste
"Le Pensionnat" est un film thaïlandais de Songyos Sugmakanan,
dont on dit qu'il est un jeune réalisateur très prometteur.
L'affiche, très jolie et bien faite, m'avait intriguée... malgré
que je ne sois pas du tout adepte des films qui font peur (je pensais d'ailleurs
qu'il y aurait moins de scènes de ce genre, qu'il s'agissait juste d'un
fond).
L'histoire est celle d'un enfant d'une petite dizaine d'années, Chatri,
dont les parents l'envoient en pension afin d'améliorer ses résultats
scolaires.
Chatri se retrouve en plein milieu d'année dans une école où
il ne connaît personne, où il est pointé du doigt puisque
nouveau et où il a de nouvelles habitudes à prendre (les règles
strictes du pensionnat, les horaires...). Le petit Chatri doit donc réussir
à faire sa place mais aussi, en tant que nouveau, on lui raconte les
rumeurs et histoires les plus farfelues et terrifiantes de l'école...
L'une d'elles évoque la mort non comprise et donc mystérieuse
d'un élève, il y a quelques années, noyé
dans la piscine du pensionnat et l'on raconte que son fantôme
rode parfois...
Bien qu'effrayé, Chatri ne croit pas vraiment à ces histoires,
jusqu'au moment où des événéments étranges
lui font semer le doute. Terrifé mais n'ayant toujours pas d'amis à
qui parler, il se sent seul.
Heureusement, un garçon, Wichien, vient lui parler et se rapproche
de lui, jusqu'à ce qu'ils deviennent amis. Chatri a enfin un ami et il
est (presque) heureux.
Mais un jour, il comprend, par une habile mise en scène du réalisateur,
que Wichien n'est qu'un fantôme !
D'abord foudroyé de peur, il accepte finalement cette "différence",
sous les regards interrogatifs de ses camarades qui trouvent son comportement
étrange lorsque Chatri parle "tout seul"...
Au fond, explique Chatri à Wichien, ils ont un point commun : ils
n'existent pas aux yeux des autres.
Bref, Chatri connaîtra la véritable histoire de Wichien et tentera
de le "sauver" de sa mort, rejouée quotidiennement et
péniblement.
Chatri finira son année satisfait de s'être fait des amis, d'avoir
expérimenté de nombreuses choses et sentiments pour son début
d'adolescence et surtout satisfait de s'être lié d'amitié
avec un fantôme, de l'avoir "sauvé" de surcroît
et d'avoir mis un terme à cette histoire racontée à l'école
et à ses peurs nocturnes. Chatri a changé, il a grandi
maintenant !
J'ai trouvé ce film très habilement aiguillé, avec
un scénario intéressant, très bien joué (Charlie
Trairat alias Chatri) est excellent dans l'expression des émotions),
d'une esthétique sublime : couleurs sombres avec du vert, du bleu
et du jaune (celui des torches, la nuit dans les dortoirs) et avec une sensation
d'humidité, de moiteur permanente (on est en Thaïlande certainement)
qui rend la situation plus inconfortable, plus étouffante pour
le spectateur qui se met à la place du jeune Chatri rempli de peurs !
J'aime bien aussi le côté fantastique et/ou spirituel, je ne sais
pas, de ce film, qui mêle réalité et monde "de l'au-delà"
dirons-nous : on parle de réincarnation, de séparation du corps
et de l'esprit, de l'incompréhensible, de l'irrationnel (mais à
petite dose quand même !), ce qui rend l'intrigue plus mystérieuse
et en même temps l'histoire ne semble pas "grotesque".
On peut se demander si Chatri a vraiment rencontré le fantôme
de Wichien ou bien si, souffrant quelque peu de solitude, de mise à l'écart
en tous cas, il ne s'est pas créé involontairement un ami imaginaire...
Quand je suis sortie de la salle, j'ai comme à mon habitude ressenti
le "cinema break" , c'est à dire la sensation de ne pas être
totalement ressortie du film, même une fois dans la rue. Du coup, je voyais
les passants, la foule plutôt, de ce samedi ensoleillé et où
chacun sait où il va et marche vite, d'une autre façon, un peu
comme si je voyais cette foule sans participer moi-même à la scène,
comme si aussi j'étais un peu perdue, déboussolée. J'étais
en tous cas contente d'avoir vu ce film malgré ma peur d'en rêver
durant la nuit.
"Le Pensionnat" est un film ma-gni-fi-que. Encore une fois,
je me demande comment et pourquoi il n'est pas plus connu et projetté
que cela : seule une salle, le Reflet Médicis, le programmait à
Paris, le jour où j'y suis allée en tous cas On était
cinq dans la salle ! Et bien personne n'a bougé durant tout le film,
on est tous restés jusqu'à la fin.
Précisons enfin que "Le Pensionnat" ("Dek Hor"
en thaïlandais), a reçu l'Ours de cristal au 57e festival international
du film de Berlin et le prix junior Cannes 2007 ! Il y en a donc
d'autres qui ont apprécié cette oeuvre
Voir la bande-annonce
sur le site officiel (prendre et relâcher la lampe torche sur la rubrique
souhaitée pour naviguer... j'ai mis du temps avant de comprendre le
système, je vous épargne donc cette perte de temps !). Cette bande-annonce ne reflète pas bien le film malheureusement car on croirait qu'il s'agit plus d'une histoire d'écoliers qu'autre chose, ce qui m'a induit en erreur en fait ! Afin d'avoir une meilleure vue de ce que donne le film, il y a une bande-annonce étrangère plus révélatrice de ce à quoi on peut s'attendre en allant voir le film, l'histoire et l'ambiance surtout :
Il s'agissait d'un film français avec Sandrine Kiberlain, la seule actrice
que je connaissais
"La Vie d'artiste" se déroule en France et raconte la difficulté
d'être artiste de nos jours, la difficulté de "percer"
également, d'être reconnu pour son oeuvre, lorsqu'on est chanteur
(Emilie Dequenne), comédien (Sandrine Kiberlain), écrivain (Denis Podalydès) ou encore auteur-compositeur
(Thibault Vincon).
C'est à mon sens vraiment un film sur les sentiments des artistes :
esseulés parfois, mal compris voire incompris de la famille, le besoin
d'être reconnu par la profession et/ou par le public pour avoir se sentir
exister (Sandrine Kiberlain alias Alice qui est doubleuse en attendant le
rôle de sa vie et qui en a marre de n'être qu'une voix à l'écran),
le besoin de s'exprimer, la volonté, les rouages, relations et contacts
professionnels pour réussir, l'angoisse de la page blanche ou la nécessité
de rester à la hauteur des attentes du public/lectorat, de ne pas décevoir
car décevoir c'est ne plus être reconnu et... aimé.
Ce qui est bien, c'est qu'à la fin tous ne réussissent pas :
ce n'est pas une fin "hollywoodienne", non, certains échouent,
comme dans la vraie vie certainement.
A noter, la présence de l'humour tout au long du film, qui rend l'histoire
(d'1h47 tout de même) facile et agréable à suivre.
Bravo enfin à Sandrine Kiberlain pour sa fraîcheur et en même
temps pour avoir réussi à transmettre la lassitude que pouvait
ressentir son personnage qui souhaite "percer" depuis de nombreuses
années et attend son tour.
Surfant sur ma vague "Etats-Unis", je suis allée voir le film/documentaire Jesus Camp qui ne passait que dans deux salles parisiennes
il y a 3 semaines et qui passait seulement au MK2 Parnasse lorsque j'y suis allée.
Tout d'abord je dois dire que je ne comprends pas pourquoi ce film n'est pas
plus diffusé : deux salles c'est très peu pour la capitale
et c'est très peu par rapport à la qualité de ce documentaire
qui nous apprend beaucoup...
Etonnamment, à 10 minutes du début du film, j'étais la
seule dans la salle puis huit personnes m'ont rejointe, heureusement mais quel
dommage que l'on n'ait pas été plus nombreux car Jesus Camp
est très intéressant !
Il traite de l'importance croissante, aux Etats-Unis, que prend une forme
radicale d'évangélistes sur les enfants et comment cette future
génération prend et prendra de plus en plus de puissance,
de poids politique et électoral dans les années à
venir, voire les mois à venir si l'on prend en compte les élections
présidentielles américaines de 2008 !
Alors qu'aux Etats-Unis, comme en France, l'Eglise et l'Etat sont séparés,
on se rend compte que dans les faits la politique et la religion sont mélangées.
La force de ce documentaire était de nous apprendre ce qu'il se passe
aux Etats-Unis sur ce thème et de réussir à nous choquer
de la violence des moyens utilisés sur de si jeunes enfants (de
5 à 15 ans environ) et tout ceci dans le but de créer une "armée
de Dieu". La personne qui s'occupait de l'éducation évangéliste
de ces jeunes partait du constat que l'Islam, les musulmans, avaient réussi
à créer une telle "armée" grâce à
des camps pour apprendre à tuer et à être prêt à
mourrir pour Dieu... C'est donc ce que cette personne souhaite faire également
: créer une génération dévouée à
Dieu et capable de donner sa vie si nécessaire... C'est pourquoi
elle a créé des camps ("Jesus Camp") pour enfants
évangélistes.
Ce qui est choquant, outre le but recherché, ce sont les méthodes
employées pour parvenir à ses fins : chants, danses, animations
mais aussi répétitions de phrases chocs (être prêt
à mourrir pour défendre Dieu), inculcation d'idées politiques
(être contre l'avortement, démonstrations à l'appui, aimer
le président George W. Bush et sa politique, etc.).
Les enfants étaient carrément en pleurs et certains même
presque en transe et pris de convulsions ! C'était étrange ! Ca
s'apparentait beaucoup à une secte en fait ! Mais qu'est-ce qui distingue
une secte d'une religion "classique" ? Est-ce le fait qu'une religion
ait été acceptée jadis et reconnue comme telle ? Je me
pose la question sans en connaître la réponse.
Egalement, dans ce "Jesus Camp" on inculque aux enfants des idées
très dangereuses comme le concept de créationnisme (qui
dit en gros que l'Homme a été créé directemment
comme tel par Dieu) opposé au concept scientifique de l'évolution
(l'Homme était singe puis il a évolué jusqu'à devenir
humain).
Il en découle un refus de la science de la part des évangéliques
américains (je ne sais pas si c'est le cas également pour les
autres évangélisques). Une des conséquences de cela est
que 1,8 million d'Américains fait l'école à domicile aux
enfants mais la statistique du film ne précisait pas si ces presque 2
millions d'enfants étaient tous évangélistes ou non...
Autre donnée : 29% des Américains sont évangéliques,
soit 80 millions de personnes ! Avec ce nombre, pas étonnant qu'ils représentent
un poids électoral à ne pas négliger...
Le "Jesus Camp" est situé au Dakota du Nord mais on apprend
que le Colorado a la plus grande concentration d'évangéliques
aux Etats-Unis.
On parle, dans le documentaire, d'une "armée politico-religieuse".
C'est un endoctrinement incroyable et violent par les mots et les méthodes
utilisés.
Question : pourquoi les Etats-Unis sont si particuliers et en même
temps toujours extrémistes à ce point sur beaucoup de choses ?
Parce qu'il s'agit d'une nation jeune ? Ce n'est pourtant pas la seule.
Au moins, maintenant j'ai conscience de tout cela et je regarderai d'un oeil
plus averti les actualités et les élections américaines.
Merci aux réalisatrices (Heidi Ewing et Rachel Grady) donc !