Je ne suis jamais allée voir autant de films que cette année... Encore plus depuis (les quelques mois) que j'ai adopté la carte illimitée MK2/UGC So cool! Voici donc, à titre de reminder personnel, les films que j'ai vus en 2007. En espérant pouvoir en voir au moins autant l'an prochain, inch' Allah comme on dit...
La Clef est un film assez noir mêlant mystère,
recherche du passé, drame et un peu de violence.
On assiste à de nombreux flashbacks, ce que je n'aime
habituellement pas mais là ça allait car les allers-retours étaient
habilement faits, les personnages ne se mélangeant pas, on distinguait
bien ce qui relevait du présent et du passé.
En revanche, je n'ai pas trouvé très esthétique le "grain"
du film, assez gros, surtout lorsque l'action se situait dans le passé.
En plus, certains personnages ont été enlaidis
(surtout Thierry Lhermite et Josiane Balasko).
L'intrigue et l'ambiance du film se construisent lentement mais sûrement
et au final on ressort assez satisfait de l'histoire, je trouve, même
si ce n'était pas trop mon genre de films : trop de violence ou plutôt
de scènes "qui peuvent heurter la sensibilité des spectateurs"
Guillaume Canet arrive très bien à porter son rôle,
contrairement à celle qui joue sa femme, Marie Gillain...
Enfin, je trouve le titre du film bien trouvé, j'aime bien quand
le titre est choisi comme ça, sur un détail presque insignifiant.
En même temps, la clef c'est aussi la clef du passé que
le personnage principal recherche et trouve (Guillaume Canet).
Les Paumes blanches (Fehér tenyér de son
titre original) est un film hongrois de Szabolcs Hajdu pour ceux qui connaissent
(personnellement non ) que j'ai bien failli ne pas voir tant sa promotion
fut discrète !
Pourtant, la liste des prix obtenus, est impressionnante, à savoir :
- Grand prix du festival du cinéma européen Cinessonne
- Sélection de la quinzaine des réalisateurs de Cannes 2006
- Prix CICAE du festival ciné junior
- Grand prix du public au festival du film européen Mamers en Mars 2007
- Prix du meilleur réalisateur, prix du meilleur montage, prix du meilleur
directeur de la photographie, prix du meilleur producteur, prix de la critique
étrangère et prix du public à la 37ème Semaine du
film hongrois 2006 ! Ouf ! Tout ça !
Le synopsis officiel du film est le suivant : Miklos Dongo, grand
gymnaste hongrois, a dû mettre fin à sa carrière à
la suite dune blessure. Il débarque au Canada pour commencer une
nouvelle vie et devient lentraîneur de Kyle, lun des jeunes
gymnastes les plus talentueux du Canada, dont il doit faire un champion. Le
jeune homme est vaniteux et colérique et Miklos a beaucoup de mal à
établir un contact avec lui. Bientôt, Miklos comprend quil
doit surmonter ses propres peurs et faire face à son passé denfant
martyrisé par son professeur de gymnastique dans la Hongrie communiste,
sil veut se rapprocher de Kyle.
Le film nous permet de nous plonger dans le monde de la gymnastique
(les paumes blanches sont celles recouvertes de magnésie bien sûr)
des pays de l'Est d'avant qui ressemble fort à ce que l'on imagine :
un monde dur, strict, froid où aucune erreur ou même faiblesse
n'est permise, même si l'on est un enfant.
En même temps, on comprend que la gymnastique est une porte de sortie
pour un avenir "réussi" aux yeux des parents du petit Dongo
qu'ils ne voient plus que comme une machine à gagner des médailles
et plus vraiment comme un enfant, leur enfant de surcroît.
On entre alors dans la tristesse et la solitude de Dongo grâce
à de nombreux plans silencieux portés par le regard de Dongo,
on le suit dans ses vagabondages lorsque, en retard par exemple, il n'ose pas
affronter la colère et les punitions physiques de son entraîneur
et préfère faire l'école buissonnière... Le temps,
gris ou pluvieux, permet au spectacteur de mieux ressentir encore et d'accompagner
la douleur du personnage.
Les plans sont beaux, émouvants et vraiment bien conçus malgré
le fait que l'on passe du passé au présent à de nombreuses
reprises. Je pense notamment à une scène, vers la fin du film,
où l'on met en parallèle le Dongo d'aujourd'hui, en pleine épreuve
de la finale des championnats du monde de gymnastique (le dernier de sa carrière)
et le Dongo adolescent qui, ayant rejoint une compagnie de cirque, fait un saut
de voltige au trapèze... sans filet. Le réalisateur a réussi
à nous faire ressentir une même émotion, une même
peur, un même moment clef pour le personnage principal qui va jusqu'à
entremêler les plans d'hier et d'aujourd'hui... pour illustrer un échec
dans les deux cas, qui marque la fin d'une étape.
L'introduction du film Made in Jamaïca était étrange
: trop de violence, plus de jeunes à l'écran que ce à quoi
je m'attendais...
En ce sens, la bande-annonce du film était mal faite : je croyais aller
voir un documentaire sur le reggae "originel" : sa naissance, pourquoi
et comment grosso modo mais non ou plutôt pas seulement, Made in
Jamaica traite surtout du reggae et du dancehall (mot et musique que
je ne connaissais pas) d'aujourd'hui avec des "stars", apparemment,
de ces dix ou vingt dernières années.
A côté de cela, oui, Bob Marley a été évoqué
et surtout de nombreuses personnalités phares (apparemment, encore une
fois) du reggae plus ancien ont pu témoigner de ce que représentait
pour elles le reggae. C'est juste que je ne pensais voir que cette partie, en
fait.
J'ai appris le nom et les visages de toute cette plus ou moins jeune génération
qui fait du reggae en Jamaïque, ça m'a permis d'écouter
quelques-uns de leurs interprétations également, avoir leur point
de vue, leur regard sur le reggae ou dancehall, dans leur pays.
Ce qui revenait souvent :
- l'esclavage : pourquoi les Jamaïcains sont-ils si prisonniers
de ce passé ?
- "on vient du ghetto"
- la Jamaïque est pauvre
- le crime est monnaie courante
- le sexe est omniprésent dans les chansons (je comprends mieux
maintenant le côté "sexe" des chansons de Sean Paul !)
et de manière crue voire vulgaire et surtout machiste... Heureusement,
une femme (Lady Saw) a voulu leur rendre la pareille en faisant de même
dans ses chansons mais, du coup, elle est classée "x"... Le
sexe est aussi présent sur scène.
- beaucoup d'enfants dans les rues et dans les familles
- le peuple est très chrétien (nombreuses églises et témoignages
par rapport à cela)
- la Jamaïque est un pays qui a l'air joli
- Kingston, encore et toujours
- les rastamen, le mouvement rastafari
- la musique fait partie du quotidien du peuple et est souvent un levier
pour s'en sortir
- le film était long
- le tout était néanmoins bien filmé selon moi : belles
couleurs, plans intéressants pour mettre en valeur les artistes,
leurs gestes, le rythme des chansons, filmé comme un documentaire, on
se croirait presque dedans parfois. On aurait dit une exposition photo parfois,
c'était très très joli !
- les Jamaïcains conduisent à gauche (racines anglaises) et en
même temps sont très chrétiens (racines espagnoles) et encore
en même temps ils sont noirs (racines africaines). Sacré mélange
donc.
- le climat a l'air hyper chaud (tout le monde transpire) et la végétation
est apparemment abondante.
- je n'ai vu que 2 Blancs dans tout le film ! Ca change
Maintenant, je vois le reggae différemment. J'ai découvert une
partie de ce qu'est le reggae actuel, les artistes incontournables de
Jamaïque. J'ai d'ailleurs acquis le CD du film (ce qui est rare
chez moi !).
Au final, je me suis demandé si les Jamaïcains était en
quelque sorte un peuple "à part"...
Le Rideau de sucre (El Telón de azúcar) nous fait découvrir Cuba, celui d'hier face à
celui d'aujourd'hui. Il s'agit de nous faire entrevoir ce qu'était le
Cuba "doré" de l'époque, jusqu'à la chute du
mur de Berlin environ, tout ce que ce pays a pu donner comme bonheur et convictions
à ses concitoyens qui s'y sentaient biens car ils avaient tout ce qu'il
fallait pour vivre...
Jusqu'au jour où tout a basculé et là, la réalité
du quotidien fut beaucoup plus dure, rude. Tout à coup, il n'y avait
plus rien à manger, plus de transports en commun réguliers, de
nombreuses choses changèrent, des impôts mis en place, etc. Le
pays vivait en quelque sorte dans le chaos. Malgré tout, les Cubains
ont "fait avec", comme l'explique une des femmes du film : "On
a une capacité d'adaptation énorme".
J'ai bien aimé la manière dont la réalisatrice, Camila
Guzmán Urzúa, qui filme avec une "petite" caméra et que l'on aperçoit
de nombreuses fois caméra au poing dans ce documentaire, nous fait basculer
du passé au présent par le biais de photos en noir et blanc, réelles,
suivies du témoignage actuel des personnes photographiées.
Egalement, je trouve que ça (me) changeait d'avoir un point de vue qui
montre les points positifs que le système politique cubain a pu avoir
à un moment donné sur le peuple. Que tout n'a pas toujours été
"noir".
A savoir, Le Rideau de sucre a remporté de nombreux prix cinématographiques,
pour ceux qui connaissent (car moi je n'y connais pas grand chose) :
- prix du MEILLEUR REALISATEUR, SANFIC Chili 2007
- prix FIPRESCI, BAFICI Argentine 2007
- prix MARCORELLES, Festival du Cinéma du Réel, Paris 2007
- prix SIGNIS, Rencontres Cinémas dAmérique Latine, Toulouse
2007
- 1er Prix « LÎLE D'OR » et PRIX DU PUBLIC