Exposition "Sénégal, l'Homme et la Mer"

L'exposition "Sénégal, l'Homme et la Mer" qui se déroule jusqu'au 12 juin à l'Aquarium de la Porte Dorée, à Paris, présente les causes et les conséquences sociales, économiques et environnementales de l'activité de l'homme sur la mer, au Sénégal.
Elle a le mérite d'être assez complète : photos,
film, nombreux textes explicatifs, objets exposés... et mon plaisir fut
plus d'autant plus grand que peu de visiteurs semblaient s'y intéresser
(les enfants venus voir les poissons de l'Aquarium pleurant presque dès
leur entrée dans l'exposition...), j'étais donc tranquille pour
voir et lire 
On voit et on comprend que la pêche est plus qu'un métier, un moyen de subvenir à ses besoins, que c'est vraiment quelque chose qui est dans l'âme des Sénégalais et qui mobilise tout le monde : hommes mais aussi femmes, qui s'occupent de la chair du poisson et enfants, nombreux à l'arrivée des bateaux.
En vrac, ce que j'ai appris, vus, lus :
- Sénégal vient de "Sunu Gall", qui signifie "notre
pirogue" en wolof ! C'est joli non ?

- Les bâtiments du Sénégal rappelle fortement l'époque coloniale et pour cause, ce sont toujours les mêmes. Ils ont assez mal vieillis cependant : peinture défraîchie...
- La consommation de poisson est essentielle au Sénégal, car elle représente 47% des protéines de ses habitants. D'ailleurs, en moyenne, un Sénégalais consomme 35kg de poissons par an, contre 30kg pour un Français (ah bon, tant que ça chez nous ?).
- Une carcasse de requin vaut seulement 5000-6000 Francs CFA soit moins de
8 euros
- Il existe une concurrence acharnée entre les pêcheurs d'une part et entre les pêcheurs artisanaux vs industriels d'autre part
- Tout l'écosystème est à bout à cause de la pêche excessive et de la raréfaction du poisson tout court...
- Pourtant la pêche artisanale reste une activité informelle au Sénégal (il existe pourtant des lois et des normes, si, si).
- Il n'existe pas de formation aux métiers de la pêche. Il n'y a pas non plus de permis de pêche pour les pêcheurs artisanaux, ni d'immatriculation des pirogues et un manque de contrôles de toutes sortes est à déplorer (hygiène, sécurité, etc.), en plus de la pollution, des espèces menacées, des filets abandonnés et qui continuent donc de prendre au piège des poissons...
- Les poissons-scies, reproduits sur les billets et pièces du franc CFA, ont déjà disparu des eaux sénégalaises, malgré qu'il soit une espèce protégée (!)
- Le mérou ("thiof" en wolof) était la base du tiep bou dien (thieboudien), le plat national mais étant devenu rare et cher, le mérou a été remplacé par la sardinelle ("yaboy").
- Les pêcheurs font une offrande de lait à la mer.
- Beaucoup de pêcheurs ne savent pas nager
et ne portent
pas de gilet de sauvetage.
Bravo aux élèves des 7 lycées sénégalais ayant contribué à cette exposition, en 2006-2007, par le biais de dossiers et d'enquêtes sur le terrain car le tout était riche à mon goût et bien présenté.
Il y a un livre de l'exposition
mais je ne l'ai pas trouvé assez complet par rapport à l'ensemble
de l'exposition. Quitte à ramener quelque chose, peut-être pouvez-vous
prendre alors le livre de Yasmine Sweetlove (si, si, c'est son vrai nom apparemment),
qui est l'auteur de certaines des photos de l'exposition : "Pêcheurs
du Sénégal".
Au final, on pourrait presque se demander s'il n'y a pas un double sens au titre de cette exposition... car la mer est un peu aussi la mère des Sénégalais, celle dont ils ont besoin pour vivre.
Ma note pour l'exposition "Sénégal, l'Homme et la Mer" : 9/10.

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