Les Paumes blanches (Fehér tenyér de son titre original) est un film hongrois de Szabolcs Hajdu pour ceux qui connaissent (personnellement non :-D ) que j'ai bien failli ne pas voir tant sa promotion fut discrète !

Pourtant, la liste des prix obtenus, est impressionnante, à savoir :

- Grand prix du festival du cinéma européen Cinessonne

- Sélection de la quinzaine des réalisateurs de Cannes 2006

- Prix CICAE du festival ciné junior

- Grand prix du public au festival du film européen Mamers en Mars 2007

- Prix du meilleur réalisateur, prix du meilleur montage, prix du meilleur directeur de la photographie, prix du meilleur producteur, prix de la critique étrangère et prix du public à la 37ème Semaine du film hongrois 2006 ! Ouf ! Tout ça !

Le synopsis officiel du film est le suivant : Miklos Dongo, grand gymnaste hongrois, a dû mettre fin à sa carrière à la suite d’une blessure. Il débarque au Canada pour commencer une nouvelle vie et devient l’entraîneur de Kyle, l’un des jeunes gymnastes les plus talentueux du Canada, dont il doit faire un champion. Le jeune homme est vaniteux et colérique et Miklos a beaucoup de mal à établir un contact avec lui. Bientôt, Miklos comprend qu’il doit surmonter ses propres peurs et faire face à son passé d’enfant martyrisé par son professeur de gymnastique dans la Hongrie communiste, s’il veut se rapprocher de Kyle.

Le film nous permet de nous plonger dans le monde de la gymnastique (les paumes blanches sont celles recouvertes de magnésie bien sûr) des pays de l'Est d'avant qui ressemble fort à ce que l'on imagine : un monde dur, strict, froid où aucune erreur ou même faiblesse n'est permise, même si l'on est un enfant.

En même temps, on comprend que la gymnastique est une porte de sortie pour un avenir "réussi" aux yeux des parents du petit Dongo qu'ils ne voient plus que comme une machine à gagner des médailles et plus vraiment comme un enfant, leur enfant de surcroît.

On entre alors dans la tristesse et la solitude de Dongo grâce à de nombreux plans silencieux portés par le regard de Dongo, on le suit dans ses vagabondages lorsque, en retard par exemple, il n'ose pas affronter la colère et les punitions physiques de son entraîneur et préfère faire l'école buissonnière... Le temps, gris ou pluvieux, permet au spectacteur de mieux ressentir encore et d'accompagner la douleur du personnage.

Les plans sont beaux, émouvants et vraiment bien conçus malgré le fait que l'on passe du passé au présent à de nombreuses reprises. Je pense notamment à une scène, vers la fin du film, où l'on met en parallèle le Dongo d'aujourd'hui, en pleine épreuve de la finale des championnats du monde de gymnastique (le dernier de sa carrière) et le Dongo adolescent qui, ayant rejoint une compagnie de cirque, fait un saut de voltige au trapèze... sans filet. Le réalisateur a réussi à nous faire ressentir une même émotion, une même peur, un même moment clef pour le personnage principal qui va jusqu'à entremêler les plans d'hier et d'aujourd'hui... pour illustrer un échec dans les deux cas, qui marque la fin d'une étape.

Voir la bande-annonce du film :

Ma note pour Les Paumes blanches : 8/10.