L'année où mes parents sont partis en vacances

"L'année où mes parents sont partis en vacances" est d'un film brésilien de 2006 dont l'histoire se déroule en 1970, à Sao Paulo.
Les parents de Mauro, un enfant de 12 ans, partent officiellement "en vacances" mais en fait ils fuient le régime de la dictature car ils sont militants de gauche.
Ils déposent donc Mauro devant l'immeuble de son grand-père afin qu'il le recueille en attendant leur retour. Oui mais voilà, il se trouve que ce dernier vient de décéder d'une crise cardiaque et personne n'est encore au courant.
Personne, sauf le voisin du grand-père, qui se prénomme Shlomo. Shlomo est un juif d'un certain âge, qui vit seul et qui décide de prendre le petit Mauro le temps de trouver une solution auprès du rabbin et de la communauté juive.
Lorsqu'ils apprennent que Mauro est un "goy" (un non juif), contrairement à son défunt grand-père, ils ne savent plus quoi faire de lui...
Il faut savoir que les parents de l'enfant lui ont dit qu'ils seraient de retour "pour la Coupe du Monde" (de football).
Mauro, comme tous les enfants du Brésil, est passionné de football et rêve de devenir gardien de buts.
Son contact avec Shlomo, déjà assez froid, s'est dégradé depuis qu'il sait qu'il n'est pas juif d'autant plus que cette boule d'énergie perturbe les habitudes de vie de ce grand-p&eagrave;re.

Mauro décide donc d'investir l'appartement de son grand-père, qui vivait seul aussi, livré à lui-même.
Au bout de quelques temps, il arrive à se faire des amis de son âge et s'intègre petit à petit à la communauté juive du quartier.
Tout va pour le mieux à part la tristesse qui point son nez de temps en temps face à l'absence inexpliquée, pour lui, de ses parents.
C'est enfin le jour J : le lancement de la Coupe de Monde de football 1970. Mauro est tout excité : il a revêtu son maillot de foot numéro 10, celui de Pelé je crois et a préparé sa valise.
Tout en suivant les matches de football, entre deux actions, il regarde à la fenêtre, scrutant chaque voiture en attendant de voir celle de ses parents qui avaient promis de revenir "de vacances" pour la Coupe du Monde.
La déception de Mauro est grande lorsqu'il réalise que ses parents ne viendront pas le chercher et cette déception se transforme alors en colère, en rage.
Le Brésil a gagné la finale de la Coupe du Monde ! Malgré cette bonne nouvelle pour tout passionné de football, ce n'est pas le plus important...
Grâce à Shlomo, qui a beaucoup fait pour retrouver la trace de ses parents, en passant par un réseau "underground" de militants de gauche et à ses risques et périls vu le régime en place, Mauro retrouve enfin sa mère, étendue sur un lit, visiblement fatiguée par les épreuves qu'elle a subies (mais nous ne savons pas lesquelles exactement).
Le petit est très content et demande à sa mère où se trouve son père. On comprend qu'il est décédé mais celle-ci lui répond que son père arrivera, comme toujours, en retard... (Quelle poésie ! Wow!).
Le retour de sa mère signifie pour Mauro la fin de son séjour auprès de Shlomo, de la communauté juive, des amis qu'il s'est fait, etc.
Et voilà comment s'est passé son année 1970... nous dit-il à la fin. L'année où ses parents sont "partis en vacances"...

Le début du film commence sur plan du jeu de football (genre de Subbuteo)
de Mauro, chez lui. Plus précisément, la caméra nous montre
le gardien de buts et Mauro explique que le poste de gardien est le seul où
le joueur reste seul durant le match... Mauro se retrouvera justement tout seul
pendant longtemps en attendant ses parents et se découvrira une vocation
de gardien de buts...
A la fin du film, il nous raconte d'ailleurs que son père l'imaginait
gardien de buts...
Cet acteur, Michel Joelsas, est d'ailleurs formidable. Il a non seulement "une bonne bouille" mais en plus il a, je trouve, une capacité importante à faire passer ses émotions, montrer ce qu'il ressent, que ce soit de la malice, de la joie ou des ressentiments, de la colère ou de la peur. C'est peut-être pour cela qu'il a été choisi parmi un casting de 1000 enfants !
"O ano em que meus pais saíram de férias", de son titre original, est un très joli film, encore une fois.
J'ai l'impression que les films latinos ont "une âme" : ils dégagent quelque chose de différent par rapport aux films américains ou français que j'ai vus jusqu'à présent (je précise). Ce sont des films qui ont une subtilité réelle, une simplicité, un naturel que j'aime et des plans d'images dignes d'être des photos dans bien des cas. Les sentiments sont davantage mis en avant et la beauté des langues latines nous transporte encore plus. C'est donc joli visuellement, auditivement et émotionnellement.
J'ai également l'impression que les thèmes traités sont
bien plus originaux que nos films du box office. Ca change vraiment, quoi !
En outre, bien souvent ce genre de films permet d'en apprendre plus sur la culture
d'un peuple, d'un pays ou d'un événement de l'histoire vécu
par un angle de vue particulier (ici la dictacture au Brésil en 1970).
On en sort donc plus riche à chaque fois, c'est en tous cas la sensation
que j'ai quand je sors de la salle de cinéma 
PS : il faut vraiment que j'aie une carte d'abonnement MK2/Gaumont !
Ma note pour cette sortie : 10/10

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