Dépouillement des élections présidentielles

Pour la première fois, j'ai participé aux dépouillements des bulletins de votes lors des 2 tours des élections présidentielles de 2007.
J'avais entendu la présidente du bureau de vote duquel je dépends demander à diverses personnes s'apprêtant à voter si elles étaient "disponibles ce soir pour nous aider au dépouillement".
Cette question m'avait intrigué car je ne savais pas que c'était quelque chose qu'on demandait à tout le monde. Je pensais qu'il s'agissait toujours de personnes de la mairie ou autre.
En attendant mon tour de voter, je me suis donc posée la question de savoir si ça me dirait de le faire. Je ne savais pas trop en quoi ça consistait exactement et s'il fallait être bon en calcul mental ou quoi, moi qui ne suis pas matheuse pour un sou !
Finalement, j'ai osé : j'ai demandé si la proposition
que la présidente faisait tenait toujours, elle m'a répondu "oui,
bien sûr" ou quelque chose dans le genre, avec un sourire radieux,
heureuse certainement d'avoir trouvé une recrue
et m'a demandé
de laisser ma carte d'identité. Wow je ne savais pas que c'était
aussi "cadré" : laisser ma carte d'identité...
J'étais en tous cas contente de ne pas avoir eu "d'urne électronique" car l'urne "traditionnelle" me renvoie quelques années auparavant, lorsque j'étais plus jeune, que je votais pour la première fois ou lorsque j'accompagnais ma mère et aussi parce que je me disais que ce serait certainement la dernière fois que je votais de cette manière, pour une élection présidentielle en tous cas.
D'ailleurs, pour ouvrir une urne "traditionnelle", doublement cadenacée, il faut apparemment réunir deux personnes (la présidente et quelqu'un d'autre mais qui ?).
Rendez-vous à 19H45 pour le dépouillement, ça y est, je
suis officiellement partie dans cette nouvelle "galère"
.
L'heure arrive et j'entre à nouveau dans le bureau de vote ; j'attends sur un banc et je vois défiler les retardataires qui arrivent vraiment mais alors vraiment à la dernière minute pour voter ! Jusqu'à 20h pile !
A 20h pile donc, c'est la fermeture des portes. C'est à ce moment-là que nous entrons en scène, en action.
Nous étions une quinzaine de personnes, qui, pour les 3/4 n'avions jamais fait de dépouillement d'ailleurs.
Une personne nous indique qu'il y a des petits biscuits, du café et du jus d'orange à notre disposition, ce que j'ai trouvé sympathique, accueillant, même si je n'ai rien consommé.
Une certaine chaleur se dégageait. Tout à coup, je me sentais un peu comme en province, d'où je viens, où les relations sont légèrement moins froides qu'à Paris, globalement.
On nous informe qu'on doit se mettre 4 par table et pas plus, c'est
réglementé (oh là là
). Je me pose donc là
où je peux de sorte à être sûre de faire le dépouillement
si jamais nous sommes trop et effectivement nous l'étions, un homme est
donc parti de lui-même.
On nous a ensuite expliqué comment les choses allaient se dérouler et qu'on avait 1h30 pour finir, ce qui devait parfaitement convenir.
Chaque personne a une fonction :
- 1 personne dépouille les bulletins, le donne à la personne suivante et range les enveloppes
- 1 personne lit et prononce à haute voix le nom du candidat
- 2 autres, qui ne doivent pas être assis en face ni à côté,
elles doivent être "croisées" afin de ne pas copier sur
l'autre, notent les résultats obtenus sous la forme de petits
bâtons (et oui !) par dizaine, sur une feuille officielle et par lot de
100 bulletins.
1 enveloppe distribuée = 100 bulletins sauf à la fin bien sûr
car le nombre de bulletins ne tombe pas toujours juste 
En fait, l'heure et demie passe vite !
L'ambiance est détendue, chacun est content d'être là puisque c'est du volontariat, on papote un peu, on compte et recompte les bulletins, on commente les bulletins : ceux qui sont en double, ceux qui sont invalides ("nuls"), on lit les petits mots écrits par les électeurs sur le bulletin, on commente la montée de tel ou tel candidat, etc.
J'ai appris qu'il y avait plusieurs types de bulletins nuls : 2 candidats différents dans la même enveloppe (car 2 identiques compte comme un bulletin valide mais un seul donc pas la peine d'en mettre plusieurs !), un mot manuscrit, une feuille de couleur, tout signe de reconnaissance sur le bulletin ou l'enveloppe, une enveloppe vide, etc. Il existe 13 raisons en tout de nullité de bulletin.
Lors du premier tour, je suis tombée sur une table qui n'avait pas eu beaucoup de bulletins nuls. Au second tour, en revanche, il y en eu davantage (à ma table toujours) : enveloppes vides, petit mot d'un "bayrouiste" déçu et multiples candidats dans une même enveloppe.
Pourquoi est-ce que je précise tout cela ? Car pour chaque bulletin
nul, nous 4 (à la table) devions noter le numéro de l'invalidité
(de 1 à 13 donc) et signer sur l'enveloppe ! D'ailleurs, j'ai
vu qu'ensuite notre nom apparaît officiellement sur certains papiers précisant
que nous étions les personnes présentes aux tables en question,
wow ça ne rigole pas donc 
Conclusion : plus il y a de bulletins nuls, plus notre temps de dépouillement s'allonge...
Au niveau de l'annonce des résultats, le bureau de vote dans lequel j'étais fermant à 20h, heure exacte à laquelle les résultats (partiels certes mais quasi définitifs on peut dire) sont annoncés, j'ai trouvé que c'était une sensation bizarre que de dépouiller en connaissant déjà le(s) gagnant(s). On se demande un peu si ça sert encore à quelque chose... Pour le second tour, idem, avec le sentiment que la situation est encore plus caucasse !

Je trouve que tous les bureaux de vote de toutes les villes devraient fermer à 17h ou 18h et que l'on donne les tendances dès qu'on les a, au lieu de couper encore la France en deux : ceux qui vont voir sur les médias étrangers (internet, tv, amis journalistes, etc.) et ceux qui attendent la proclamation officielle des résultats. A quoi bon faire de la rétention d'information ? Ou alors, on bloque toute fuite d'information aux bureaux de votes pour donner réellement l'exclusivité (et l'effet de surprise entier) des résultats de 20h.
Voir débarquer au "QG" de Nicolas Sarkozy bien longtemps avant l'heure Johnny Hallyday et toutes les stars, amis politiques, sourires aux lèvres, joie et bonne humeur présentes... rien qu'avec ça on savait qu'il était gagnant mais surtout ça veut bien dire que toutes ces personnalités sont allées consulter les résultats à l'étranger, eux, donc pourquoi ne pourrions-nous pas tous les connaître en même temps ?
A la fin du dépouillement, tous les résultats des tables sont donnés à la présidente et comptabilisés. Si l'on reste quelques minutes de plus, comme je l'ai fait, on peut donc assister en direct à la proclamation des résultats de son bureau de vote. En ce qui concerne le mien, il était pour Ségolène Royal, "Ségo", aux deux tours, surtout au deuxième.
Prochaine échéance : le 10 juin pour les élections législatives, je ne sais pas si je serai encore de la partie pour le dépouillement... on verra le moment venu !

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