Dans le cadre du 9e festival du cinéma brésilien de Paris, je suis allée voir au cinéma L'Arlequin (76 rue de Rennes, 6e arrondissement de Paris), le film Antônia (en V.O. sous titrée), dont l'histoire est la suivante : à Sao Paulo, quatre filles noires de la banlieue tentent d'accomplir leur rêve : devenir chanteuses et pouvoir vivre de cette activité. Seulement voilà, dans cet endroit il faut faire face à de nombreuses difficultés pour atteindre ses objectifs...

Ce qui m'a étonné, c'est de voir autant de violence et de tristesse dans un film qui est censé prôner l'espoir, qu'on peut s'en sortir si on se bat.

En plus, je n'ai pas trop aimé le fait que les personnages aient eu énormément problèmes à affronter d'un coup : violence de la rue, pauvreté, homophobie, infidélité du conjoint, enfant non désiré par ce dernier, prison, etc. Comme si la réalisatrice d'Antônia, Tata Amaral, voulait nous montrer que pour "mériter" de s'en sortir, les personnages devaient en baver. Oui mais bon, je trouve qu'à cause de cela on perdait un peu le réalisme justement souhaité par la réalisatrice, jusqu'à la manière de filmer : façon "documentaire" disent les spécialistes. En effet, l'image bouge (trop) en même temps que les pas des personnages, le grain n'est pas toujours optimal, etc. J'ai donc constaté que je n'aimais pas vraiment ce genre de réalisation :-D

En revanche, une fois encore, ce type de cinéma met en valeur les émotions, les ressentis, les non-dits. Il y a tout un travail fait pour que le spectateur comprenne les personnages bien qu'ils soient loin de leur rélité et/ou de leur culture d'origine.

A la fin du film, Tata Amaral, qui était présente dans le cadre de ce festival, s'est exprimée afin de répondre aux questions (nombreuses d'ailleurs !) des spectacteurs. Parmi eux, on pouvait voir le réalisateur Patrick Braoudé au fait ;-) mais c'est normal car il est un des jurés de ce 9e festival du cinéma brésilien de Paris.

Ce qu'on a appris grâce à aux réponses de la réalisatrice :

- la réalisatrice est partie de fragments de sa vie pour l'histoire du film Antônia : elle aussi a eu un enfant jeune, son mari est mort alors que cet enfant n'avait que 3 mois et elle souhaitait travailler dans le milieu artistique, c'était son rêve. Ce rêve est partagé par les quatre personnages principaux qui souhaitent évoluer dans le monde de la chanson.

- afin de renforcer le côté documentaire qu'elle souhaitait faire passer, de nombreux dialogues n'ont pas été écrits mais improvisés par les comédiens qui connaissaient la trame de ce qu'ils devaient dire malgré tout.

- elle a fait un casting de 600 personnes environ pour trouver les actrices principales du film :-o qui sont toutes d'authentiques filles qui habitent en banlieue et chantent. Les autres acteurs sont également de vrais rappers, musiciens, etc.

- le film a été tourné en Super 16 mm : les spécialistes sauront de quoi il s'agit, moi non :-))

- ce film a donné lieu a une série télé au Brésil ! Et ce sont les actrices du film qui jouent dedans !

- les spectacteurs ont été étonnés par l'absence de la police d'une part (malgré la violence qui règne) et de structures d'aide d'autre part, au Brésil, pour les jeunes qui veulent s'en sortir en perçant dans le monde de la musique. Mais en fait, avons-nous de telles structures en France ?... L'absence de police s'expliquait par le fait que ces jeunes ne faisaient rien de répréhensible tout simplement !

- ce que voulait Tata Amaral c'était faire un film positif sur quatre filles noires vivant en banlieue, ce qui ne s'était jamais fait auparavant au Brésil, d'où le succès du film là-bas. Elle nous disait que d'habitude dans son pays, lorsqu'il y a des films avec des Noirs, ce sont systématiquement des films négatifs ou sur le crime.

- elle nous a expliqué qu'elle souhaitait mettre aussi en avant la question sociale au Brésil et le racisme fort qui existe là-bas (je ne le savais pas) et qu'en fait la couleur de peau est liée à la question sociale car quand on est Noir ou métisse au Brésil on est presque toujours pauvre à cause des barrières sociales (un peu comme en France avec les discriminations à l'embauche, etc.).

A la fin de la séance, nous étions invités à remplir un coupon, remis à l'entrée, pour donner notre "note" au film pour décerner plus tard le prix du public :-) Décidément on n'arrête pas de voter en ce moment :-))

Le coupon avait la forme suivante :

Voilà, je dois dire que c'était, de mémoire, la première fois que j'assistais à une séance où la réalisatrice était présente pour répondre aux questions et j'ai bien aimé cela car ça permet en effet d'avoir des explications lorsque l'on a un doute de compréhension sur une partie de l'histoire ou sur l'intention de l'auteur, ce qu'il a voulu mettre en avant, comment et pourquoi. Intéressant.

Ma note pour cette sortie : 7/10.

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